SAN ISIDRO DE CRISE

Pour l'instant, cette San Isidro 2010 demeurera dans les mémoires comme celle des toros vivants (3), des forfaits en cascade, des triomphes rares et des rendez-vous manqués.

Chaque semaine qui passe est pour l'empresa un casse-tête : José Tomás, Manzanares... deux des toreros de base de la feria sont forfaits. Ajoutés aux toros refusés, il y a surchauffe dans les bureaux, d'autant que les toreros pressentis pour les remplacements ne sont pas forcément ravis.

Cette situation inédite de par l'ampleur des retouches à apporter fait donc le bonheur des plus modestes qui se sont signalés en début de feria, Curro Diaz surtout, à qui s'offre la chance de franchir un échelon suplémentaire.

Chez les novilleros - sans parler du désastre de lundi (voir galerie) - mis à part Juan del Alamo, moyennement, personne n'a su saisir sa chance, ce qui est un peu désolant si l'on considère qu'avec des choix moins conformistes les plus capables auraient sans doute tiré partie de trois des novillos de Moreno Silva.

Il eut fallu pour cela avoir l'audace de choisir de s'y mesurer, ce qui eut été considéré comme une faute professionnelle tant les moeurs ont changé. On peut s'en féliciter ou le déplorer, mais la désagréable impression qui ressort de tout cela est que les nouvelles générations de toreros manquent cruellement d'ambition, à moins que celle-ci ne doive plus se résumer aujourd'hui qu'à revendiquer un statut de privilégié.


André Viard