A QUAND LE PREMIER INDULTO VICOIS ?

Sans chipoter une seconde sur la légitimité des deux vueltas accordées hier à Vic, la question qui se pose est de savoir quand le premier toro y sera grâcié.

L'air du temps n'épargne personne et toutes proportions gardées le syndrome Desgarbado est identifié partout. A Nîmes on n'a pas attendu Dax pour donner dans l'indulto, mais à Vic on s'y est toujours refusé.

Et dans le callejon, alors que l'on regrettait la verdeur des trois novilleros qui ne leur avait pas permis de se hisser à la hauteur des novillos de Flor de Jara - le pire pour eux est qu'ils ont été débordés par la douceur et non pas le genio - Jean-Jacques Baylac rappelait qu'à Vic le résultat importe peu. Il voulait parler des oreilles, voire des queues, de tout ce qui ailleurs est synonime de triomphe et dont à Vic selon lui on se passe volontiers.

Dans l'esprit c'est indéniable, mais il suffisait hier de jeter un coup d'oeil aux tendidos pour comprendre qu'un peu de brillant ne ferait pas de mal et que les oreilles, ma foi, voire les queues, cela ne fait fuir personne, bien au contraire.

Quant à l'indulto, demandez aux dacquois ! Depuis Desgarbado la cité des eaux chaudes ne parle que de cela, et l'on peut sans se tromper affirmer que le toro de Victoriano del Rio a beaucoup fait pour l'image des arènes du bord de l'Adour.

L'indulto, à Vic, on ne l'a jamais envisagé, considérant sans doute trop frivole cette entorse à la lidia orthodoxe que l'on aurait pourtant pu s'offrir, de même que quelques vueltas supplémentaires. Mais non, à Vic, on n'en fait jamais trop. Les modes s'insinuent pourtant partout et il ne serait pas étonnant, aujourd'hui par exemple à l'occasion de la corrida concours, que si un toro le mérite quelques cris fusent.


André Viard