JEAN PAUL





FERIA DE VIC

Chronique de Jean-Paul Campistron

OREILLE POUR JUAN CARLOS REY, VUELTA PUR FLOR DE JARA


Particulièrement bien présenté, le lot de novillos de Flor de Jara a fait honneur au sang santa coloma. L’ensemble du lot a démontré bravoure, caste, mobilité et une noblesse fondante avec une mention particulière au quatrième qui possédait une corne gauche époustouflante de douceur. Mais tous, d’une manière plus ou moins prononcée, possédaient une charge superbe, totalement dénuée de mauvaises intentions. Le sixième, N°3, répondant au nom de « Corruco », a été primé d’une vuelta al ruedo, mais quatre de ses frères auraient pu connaître le même sort. Sans une certaine fébrilité à l’épée, les jeunes novilleros auraient pu récolter les récompenses à la hauteur des bonnes dispositions de leurs adversaires. Javier CORTES, silence et salut au tiers, Juan Carlos REY, oreille et silence, Thomas Joubert « TOMASITO », silence et silence. Avant la sortie des novilleros, le public réclame et obtient la vuelta chaleureuse du mayoral, Octavio LLeirio.
Javier Cortes, venu en remplacement de Juan Luis Rodriguez, a fait preuve de volonté et d’envie lors de ses deux prestations. Surpris par la noblesse de son premier, qui prit deux piques appuyées en brave, il eut du mal à trouver la bonne distance muleta en mains. Au fil des muletazos il prend confiance et réussira plusieurs droitières élégantes et souples, mais trop isolées pour donner du relief à son ouvrage. Le novillo l’aida jusqu’au bout mais hélas sa mise à mort fut catastrophique avec trois pinchazos, une épée dans le cou suivie de quatre descabellos, silence. Face à son second, un lourd cardeño, la cape de Cortes est aux abonnés absents. Le novillo prend deux piques en brave en mettant les reins . Dès l’entame des passes de muleta on devine la noblesse extraordinaire du novillo. Le jeune novillero profitera, tardivement, de cette fameuse corne gauche pour servir plusieurs séries de naturelles templées. A la mort, Cortes rate le ou les trophées avec deux pinchazos, une entière contraire et un descabello, salut au tiers.
Juan Carlos Rey, protégé du ganadero, impose sa technique à la cape et sert sept véroniques et une demie à son premier. Le lourd berrendo prend trois piques avec bravoure et alegria. La corne gauche est formidable et la faena débute sur ce côté avec succès. En alternant les changements de terrain et de bords, le novillero déboussole son adversaire qui ne demandait qu’à suivre le leurre avec douceur. La faena est méritoire et quatre naturelles permettront au madrilène d’espérer. Avec une épée aux trois-quarts, un peu plate, mais efficace, l’espoir devient réalité et l’oreille tombe.
Tomasito est celui des trois qui a le mieux toréé. Certes par intermittence, mais le français a démontré beaucoup de classe dans son toreo dès lors qu’il trouvait le bon sitio face à ses deux opposants. Son premier, un novillo très « victorino » d’aspect physique, se laisse toréer à la cape et se montre clair des deux côtés. Il prend deux piques en brave et s’élance sans retenue sur les banderilleros. Muleta en mains, le français alterne les bonnes séries à droite et se fait accrocher à gauche. Mais dès que Thomas baisse la main, les passes s’enchainent avec élégance et le novillo offre une course souple et harmonieuse. Trois droitières, splendides, témoignent de leurs qualités respectives. Mais Thomas voit s’envoler les trophées au moment d’en finir . Trois pinchazos, une entière, un puntillero maladroit et un avis effacent tout trophée. Devant son second, armé et très haut, Tomasito va profiter, en début de faena, des charges claires, mais à mi-hauteur, du novillo. Le novillo prend trois piques avec bravoure. A la muleta les séries à droite sont excellentes devant un novillo qui ne cesse de charger. A gauche le novillo offre les qualités identiques et la muleta du français ne tremble pas. Mais nouvelle désillusion à la mort : quatre pinchazos, une demie lame contraire, un avis, silence. A la pression du public, la présidence accorde la vuelta au novillo. On peut raisonnablement penser que cette vuelta récompense l’ensemble du lot de novillos. Trois-quarts d’arène, chaleur inhabituelle pour une matinale avec 30°, pas un nuage.







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