JEAN PAUL





FERIA DE VIC

Chronique de Jean-Paul Campistron

OREILLE POUR RAFAELILLO,
VUELTA POUR UN ESCOLAR GIL


Toujours irréprochables de présentation, les toros d’Escolar Gil n’ont pas confirmé leurs comportements de l’an passé, et ont fait passé un bien mauvais après-midi aux trois toreros, pourtant aguerris face à ce genre de bétail. Hormis le quatrième, excellent de bout en bout et justement primé d’une vuelta posthume, et à un degré moindre, le troisième, noble, mobile mais difficile à manœuvrer, le reste du lot développa plus de genio que de bravoure.
Le premier était manso et dangereux, le second protestait à chaque passe et cherchait l’homme, le cinquième était chargé de mauvaises intentions et le dernier ne supportait pas deux muletazos enchaînés. Ils sont tous allés au cheval avec des comportements divers et ont pris au moins deux grosses piques. Rafael Rubio Lujan « Rafaelillo », silence et oreille, Sergio Aguilar, salut au tiers et silence, David Mora, silence et silence.
Rafaelillo aura bénéficié du meilleur toro de l’après-midi, en fait le seul qui se laissera toréer. Son premier était une carne impossible à canaliser. Sans son métier, le torero aurait eu beaucoup de mal à en venir à bout. Une demie épée delantera, un descabello, silence. Son second accepte cinq bonnes véroniques avant de rester court sur la demie. Le toro mène un superbe combat au cheval et prend deux grosses piques en brave. A la muleta, le toro fait l’avion à droite et le murciano en profite pour enchainer plusieurs séries de droitières estimables. Le toro lui rappelle, par une simple bousculade, que la bravoure ne se galvaude pas et qu’il faut être précis dans la conduite de la charge. A gauche même comportement du toro avec de la noblesse mais sans naïveté. Le torero le sent et réduit ses séries à deux naturelles rématées d’un pecho. Entière un peu de travers, le toro délivre un dernier coup au torero avant de s’effondrer oreille et vuelta à « Callejero » N°38 pour son superbe combat.
Sergio Aguilar offre le meilleur capeo de l’après-midi. Trop confiant après quatre véroniques galbées, il reçoit un avertissement sans frais de la part de son adversaire. Le toro garde la tête haute, malgré deux gros châtiments à la pique. Les toques précis d’Aguilar remettent le toro dans la trajectoire imposée par le torero. Les séries à droite se succèdent avec technique et autorité malgré les protestations du toro qui rechigne et cherche la hanche du torero à mi passe. Estocade contraire d’effet immédiat, salut au tiers mérité après un gros effort du madrilène. Face à son second, il dessine quelques bonnes séries à droite avec temple et aisance mais le toro est avisé et change de comportement au fil de la faena, contrariant ainsi tout effet positif de l’ouvrage. Entière de travers, silence.
David Mora tombe sur le deuxième escolar qui a eu du jeu. Le toro, piqué trois fois, donne des coups de tête sous le peto de la cavalerie. Mora va le soumettre par le bas par des doblones souples et adaptés à la charge un peu brusque de l’animal. Après cet excellent cadrage, il va réaliser de très bons derechazos. Le toro va raccourcir sa charge mais le sévillan prend la mesure de l’animal et adapte la longueur de ses passes à la capacité du toro surtout à gauche où il donnera trois superbes naturelles. Hélas, il va gâcher cet ouvrage par une fébrilité coupable, acier en mains : cinq pinchazos, deux avis, silence. Face au dernier, un toro vif et quelque peu violent , il ne pourra rien faire et c’est sous les quolibets d’un public ingrat qu’il termine d’une entière basse et tendida, suivie d’un avis et d’un descabello, silence. Première grosse chaleur de l’année avec 33°, arène pas tout à fait pleine.






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