FERIA DE NIMES

Chronique de Frédéric Pascal

MENDOZA CONSUL


Pour la partie à pied se sont lidiés 4 exemplaires de Parladé solides et justes de bravoure, ce qui les a amené à s’éteindre progressivement au troisième tiers. Espartaco : silence et salut. Cayetano : salut et silence.
Tête enfouie au fond du peto, le premier poussa en mettant les reins. Il réfléchit beaucoup trop avant charger pour le seconde rencontre. Ce manque d’empressement à s’élancer resta son défaut majeur pendant toute la faena d’Espartaco, qui réussit à le faire répéter deux passes mais jamais trois. Silence après un pinchazo, 1/3 de lame et deux descabellos. Le quatrième poussa tête basse mais sans fixité. Il reproduit ce manque de constance dans l’effort à la muleta, où il garda suffisamment de force pour répondre loyalement aux cites, mais pas assez pour finir brillamment son action. Espartaco montra que, bien qu’ayant perdu la souplesse exceptionnelle qui fut la sienne, il a encore de beaux restes. Grace à son temple, il mena à bien une faena plaisante, mais dont le rythme manqua de juvénilité. Pinchazo. ¾ de lame. Petite pétition. Salut.
Le second poussa reins mis, tête basse et avec force. Il obtint une chute lors du second assaut en prenant le cheval par devant. Sans tirer le moindre coup de corne il suivit docilement la muleta mais son ardeur ne dura pas. Fort de son élégance naturelle et tout en douceur, Cayetano l’exploita au mieux à droite, puis compensa le manque de fond du Parlade par son allonge exceptionnelle avec la main gauche. ½ meurtrière. Salut. Le dernier vint au cheval avec alegria, mais ne s’y fixa pas. A pied, à gauche, il découvrit la nuque pour charger le museau entre les antérieurs et baissa humblement la tête à droite. Au troisième tiers, Cayetano l’accueillit à genoux, comme au capote, puis, debout, sut imprimer beaucoup de profondeur à ses muletazos. En résultat, il livra une faena sincère, pure et coulée, sans effet s démagogiques ; ce qui explique qu’en dépit d’une mise à mort propre, par pinchazo et entière, il n’ait pas coupé d’oreille.
En ouverture Mendoza assura grâce à l’élégance de Chenel, les pirouettes de Caviar, le métier de Pirata et l’efficacité de toute sa cuadra. Quatre oreilles et une queue au total. Plus de dix mille personnes, soit le double que lors des premières matinales.







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