MISE EN PERSPECTIVE

Pour ceux qui ne l'auraient pas compris, la clé des cartels somptueux montés par Simon Casas à Nîmes est un miroir tendu aux élus de la Comunidad madrilène dans lequel il les inite à (se) réfléchir.

Et le contraste est frappant : d'un côté, une feria exaspérante qui alterne entre l'ennui et le drame, un public à cran et des stars qui fuient ce ruedo où il est de plus en plus difficile pour eux de s'exprimer. De l'autre, une arène où tout sourit, pas par hasard, mais parce qu'aucune lourdeur bureaucratique ne vient entraver la mise en scène d'un spectacle voulu résolument brillant.

D'un côté Pata Negra perd ses tripes en piste, de l'autre un Garcigrande rentre vivant aux prés... L'accident, aurait pu survenir aussi à Nîmes. Mais comme un fait exprés, c'est à Madrid qu'il a eu lieu.

Toujours à Madrid, des toros triés sur le volet se dégonflent à peine arrivés en piste tandis qu'à Nîmes, à peine grands de moitié, leurs lointains cousins, triés aussi mais pas sur le même volet, se mettent à galoper en baissant la tête. On continue ? Relisez l'édito d'hier.

Pourquoi l'idée développée en préambule ? Tout simplement parce qu'il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que Simon Casas a, comme l'on dit, mis toute "la carne a l'asador", c'est à dire joué son tapis, espérant forcer la main des élus de la Comunidad qui devront bientôt trancher sur la suite qu'ils donneront au contrat des Choperitas, lesquels sont fondés à demander un an de plus, sans que l'on soit obligé de le leur donner.

Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, les triomphes du Juli, Castella, José Tomas et des autres à Nîmes, semblent être des atouts maîtres que Casas abat un par un. L'indulto en plus, comme à Dax diront certains, sauf qu'à Nîmes il y en a déjà eu quelques uns.


André Viard