FERIA DE NIMES

Chronique de Frédéric Pascal

OREILLE POUR PATRICK OLIVER


Novillos de Dos Hermanas, propriété de Patrick Laugier, ascendance Domecq par Sanchez Ajona justes de force donc privés d’expression au cheval mais d’une toréabilité exquise pour les quatre premiers, notamment le quatrième qui prit plus de 300 passes, et plus âpres les deux derniers. Roman Perez : salut et silence. Patrick Oliver : oreille et silence. LM Casares : silence aux deux.
Le premier attaqua dans le désordre et pensa beaucoup face aux chevaux. A pied, il se centra mieux mais manqua d’empressement à s’élancer et dodelina nonchalamment de la tête. Roman Perez navigua entre ces écueils et ne s’avoua même pas vaincu quand le novillo resta en panne complète de moteur. Il changea les terrains et relança la machine. Deux pinchazos une demie et trois descabellos limitèrent l’approbation à un salut. Lors de deux brèves piques prises tête basse le quatrième n’eut pas le temps de mettre les reins. Au troisième tiers il donna des trajectoires longues et de qualité sans le moindre coup de tête parasite. Et ce, répété plus de trois cent fois sans la manifestation de la moindre malice. Roman Perez fut bien mais il le fit passer un peu loin pour faire l’unanimité. Silence après une entière et trois descabellos.
Empêché de s’exprimer au cheval, le second chargea aux allures du petit galop. A la manière de Castella, au centre du ruedo Patrick Oliver colla 2 cambios donnés au ralenti puis poursuivit avec les plus suaves derechazos vus à ce jour dans cette Feria. Dans le style sobre, qui fait passer sa détermination pour de la froideur, il livra un bijou de faena où la douceur le disputa à la profondeur. Il finit sur des pechos sur 360° audacieusement initiés et parfaitement conduits. Oreille après une entière perpendiculaire et un descabello. D’une caste plus rustique, le cinquième se défendit de la tête dans le peto lors du tercio mouvementé. A pied il accepta cependant de baisser la tête et de suivre le leurre. Sans esbroufe, dans un faux rythme compassé (qui rappelle le style de Jose Tomas), Oliver réussit des muletazos irréprochables mais isolés. Il ne put lier car le novillo chuta à chaque tentative. Il subit de trop nombreux enganchones sur la fin. Il aurait mieux valu faire plus court car le Laugier se couvrit par le haut au moment de la mise à mort qui fut laborieuse. Silence.
Le troisième prit les simili piques tête basse et en mettant les reins mais sans puissance. A la muleta, comme la force juste passe pour une qualité, il collabora activement. LM Casares ne lui trouva le sitio que dans les cites raprochés, ce qui nuisit à sa totale expression. Entière. Silence. Le dernier se défendit, tête en l’air, au cheval. Puis, même fortement sollicité dans le style campero et rude, il refusa de baisser la tête à droite. A gauche il crocheta beaucoup et la faena ne prit jamais corps. Entière tendida. Silence. 3500 personnes, soleil de Midi.







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