FERIA DE VIC

ADAME ET SANTO A HOMBROS, VUELTA POUR UN NOVILLO

Prévue initialement samedi matin et reportée pour cause de mauvais temps, cette novillada s'est déroulée dans des conditions climatiques épouvantables et on ne peut que saluer le cran et le courage des trois jeunes novilleros à non seulement accepter de toréer dès 10H30 sur une piste en sale état, mais de continuer après le 3ème novillo, après un déluge tombé durant la lidia du second. Ceci dit, il faut aussi rendre hommage aux sociétaires du club taurin vicois qui ont tenté et réussi la remise en état du ruedo en 10 mn avant le paseo. Et c'est souvent dans ces conditions qu'on assiste à de bons spectacles, ce qui fut le cas. Splendide de présentation, le lot d'Adelaïda Rodriguez Garcia a donné du jeu dans l'ensemble, avec de la caste, de la bravoure et pour trois d'entre eux, de la noblesse exploitable. Très bons et nobles les second, troisième et sixième, bons et encastés les quatrième et cinquième, et la palme reviendra à l'excellent premier, numéro 37 du nom de "Nicotina" né en septembre 2003 et primé d'une vuelta al ruedo, qui fut brave à la pique, noble et d'une grande classe à la muleta.
Joselito Adame, 2 oreilles et salut au tiers, Julien Dusseing "El Santo",oreille et oreille, Marco Léal, silence et applaudissements.

Comme c'est souvent le cas dans l'encaste Atanasio, le premier de Adame sort abanto et n'accepte que quelques capotazos avant les piques. Le novillo en prendra deux avec bravoure sans pour autant se distinguer dans ce tiers. Adame tente un quite osé en chicuelina couplée à des delantales puis glisse et manque de se faire attraper. Le novillo démontre sa bravoure aux banderilles en poursuivant les toreros-banderilleros jusqu'aux bouches des burladeros. A la muleta, Adame débute par des aidées par le haut les pieds rivés au sol. Il poursuit par plusieurs séries de derechazos magnifiques, longs et profonds. Le novillo fait l'avion à plusieurs reprises sur ce côté droit. Deux séries à gauche permettent de vérifier les bonnes dispositions de l'animal. Le mexicain termine par une série de droitières époustouflantes et admirablement exécutées. En clôturant par une estocade en se mouillant les ongles, il récolte deux oreilles et applaudit la vuelta de la dépouille. Face à son second, toujours manso au capote, Adame confirmera sa très bonne forme actuelle. Un novillo manso au cheval qui prendra deux piques. En début de faena, Adame glisse, roule au sol et ne doit son salut qu'au quite opportun et salvateur de son peon Manolo Fuentes. La piste est un véritable champ de boue et les appuis sont impossibles pour les toreros, ajoutez à cela la difficulté à apprécier la vitesse des novillos et vous comprendrez aisément l'effort réalisé par ces jeunes dans la deuxième partie de la novillada. Malgré cela Adame va réaliser quelques bonnes séquences à droite. A gauche et sans l'épée factice qui sert d'ayuda, le vent empêchait la ligazon des séries. Un pinchazo, une entière jusqu'au pommeau, salut au tiers.

Le premier du Santo est haut et charpenté. Un déluge s'abat sur Vic avant l'entrée des picadors. Le novillo prend trois piques mais sort seul. Aux banderilles les trois jeunes se distinguent dans un tercio rendu très dangereux pour les raisons invoquées ci-dessus. A la muleta, le landais réalise trois séries d'excellente qualité au centre de l'arène. Le novillo est encasté et il faut une muleta templada pour éviter de lui donner des défauts. Julien s'en sort parfaitement bien et termine par un estoconazo fabuleux. Oreille. Son second est un véritable toro de Vic. Haut, long, charpenté avec des armures terribles, ce novillo aurait pu sortir dans n'importe quelle corrida de toros du Sud-Ouest sans qu'il y ait eu à redire. Faible et ennuyeux à la cape, le mastodonte prendra deux piques appuyées. A la muleta il se montrera brusque et très encasté. Julien va lui arracher quelques bonnes passes à droite, malgré une demie charge notamment en fin de faena. Le landais sera victime d'une impressionnante voltereta heureusement sans conséquence. Mais le point fort du Santo est incontestablement la mise à mort qu'il maîtrise, techniquement et parfaitement bien: estocade jusqu'aux ongles d'effet immédiat, oreille.

Marco Léal n'aura pas hérité des deux meilleurs et aura surtout eu le gros handicap de toréer après les abats d'eau sur une piste impraticable. Face à son premier, un novillo brave qui prendra deux piques, Léal aura à combattre, en plus du novillo, les rafales de vent qui soulèveront sa muleta pratiquement à chaque série. Le bouillonnant arlésien servira plusieurs bons derechazos à un novillo noble devant lequel il s'arrimera avec courage en fin de faena. Par contre ce sera une véritable déroute à la mort avec une kyrielle de pinchazos, deux avis et le puntillero pour achever l'animal. Silence. Face au dernier de la matinée, Léal réussit plusieurs bonnes véroniques. Le novillo prend trois piques en poussant bien sur la dernière. Le novillo est encasté mais possède une bonne corne droite. La pluie revient et Léal doit de nouveau éviter les dangers. Courageux et volontaire, l'arlésien donne quelques bons muletazos des deux côtés mais trop isolés pour pouvoir intéresser un public transi de froid. Nouvel échec à la mort avec un pinchazo, une entière verticale et devant, un avis et trois descabellos, applaudissements. Adame et le Santo sortent a hombros avec le ganadero. Pour ce qui est du temps tout a été dit sauf les 14° de température. Pentecôte en décembre. Moitié arène. Jean-Paul Campistron


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