FERIA DE NÎMES


OREILLE POUR LORE

Les toros de Hubert Yonnet ont déçu leurs supporters mais n'ont pas ménagés les toreros. Il y eut deux bons toros le premier et le quatrième, pas faciles pour autant. Le second sortit âpre. Le troisième ne baissa pas la tête. Le sixième sans option. Le cinquième, handicapé moteur, fut remplacé par un Garcia Tabernero Hernandez qui finit dans les planches. Rafaelillo, qui confirmait, salut et ovation. Loré, salut et oreille. Padilla, ovation et silence.

Le toro de confirmation poussa droit avec une calme assurance, sans ostentation. Il trébucha et manqua d'allant par la suite et aurait eu un tout autre rendement s'il n'avait été copieusement saigné au cheval. Muleta très avancée Rafaelillo, lui prit bien la tête, mais le guida, parfois, trop vers l'extérieur. Dès qu'il accepta de se le faire passer plus près, il put donner lié et émotion à son travail. Il tua sans brio de deux pinchazos, une entière et deux descabellos. Salut. Le sixième tourna le dos au cheval en ruant lors de la première rencontre, il coinça le cheval dans les planches lors de la seconde et tricota des cornes sur la troisième. Inexplicablement, le matador brinda ce toro incertain au public. Il s'avéra impossible à gauche et particulièrement acide à droite. En lui gardant la tête dans le leurre, présenté très avancé, et en se déplaçant beaucoup derrière, Rafaelillo donna l'illusion qu'il le faisait passer. A bout de bras il enfonça une épée valeureuse et efficace. Ovation

Dans les capes le second jeta la tête en l'air et les pattes en avant. Il secoua le cheval avec plus de nerf que de bravoure. Aux banderilles il joua encore de la corne vers le ciel, mais se laissa soumettre plus qu'attendu au troisième tiers. Chaque fois qu'il finit par le bas, Lore s'en rendit maître, mais tous les errements du leurre furent immédiatement sanctionnés. Final à la baisse avec deux pinchazos un entière et descabello. Salut. Le quatrième ne se dévoila pas aux piques, où il poussa par saccades en jouant des cornes, ce qui, ordinairement, annonce plutôt du médiocre. Nonobstant, il se montra plus clair, lors de l'excellente lidia, menée par Roger Ferrera. Loré le testa au bord des planches puis brilla lors de deux séries de naturelles longues et templées. Ensuite, à droite comme à gauche, la charge resta satisfaisante mais allant en s'amenuisant. Lore l'exploita proprement jusqu'aux derniers centimètres. Pinchazo et entière de bon tueur. Oreille légèrement protestée.

Le troisième cogna alternativement des deux pointes en mettant les reins dans le caparaçon. Il subit une lidia exécrable, toute hérissée de bavures par le haut, qui encouragea sa propension à ne pas baisser la tête. En bon torero qu'il est Padilla sut glisser sa muleta sous l'arrondi de la corne pour éviter les accrochages par le haut. Sa faena fut de respect et culmina lors de la dernière série de naturelles. Entière un peu tombée et incompréhension sur les gradins d'où ne tombérent que quelques applaudissements. Le cinquième, souffrit d'une pathologie mystérieuse qui le rendit subitement handicapé moteur. Il fut remplacé par un Garcia Tabernero Hernandez qui accepta un premier châtiment dans la querencia des toriles mais s'éteint sous le second, donné dans les bons terrains. A la muleta il se montra fuyard, distrait et attiré par les planches. En début de faena Padilla le maintint habilement hors de leur attraction, mais il dut abréger dès lors que la mansedumbre refit surface. Entière. Descabello. Silence.

Quelques vides dans les amphis, arènes presque pleines. Frédéric Pascal.   

imprimez cette page