PACTE PRESIDENTIEL



La polémique enfle depuis la seconde oreille refusée à Madrid au Juli par un président malheureux dans ses décisions. L'occasion de rappeler quelques règles simples.

Le mode de désignation des présidents dans les arènes espagnoles est à l'origine de nombreuses questions, dont une principale : peut-on demander à un fonctionnaire de police de juger en conscience dans une matière dont il ignore les fondements ? Tant qu'il s'agit de compter les mouchoirs pour accorder ou pas la première oreille qui appartient au public, il n'y a, a priori, aucun problème. En revanche, lorsqu'il s'agit de donner la seconde qui est de la compétence exclusive du président, un minimum de sensibilité, voire d'aficion, est indispensable.

Dans le cas de celle refusée au Juli, comment peut-on expliquer l'entêtement farouche d'un fonctionnaire de police que l'on suppose scrupuleux, sinon par une incompétence totale pour occuper la fonction de président ? Après avoir constaté que le fait se renouvelait trop souvent, les rédacteurs du nouveau règlement andalou ont donc autorisé la venue au palco d'aficionados à la compétence reconnue, ce qui se fait depuis toujours en France.

Jusqu'à quand faudra-t-il attendre pour que cette mesure se généralise en Espagne ? Longtemps encore sans doute, dans la mesure où paradoxalement c'est des secteurs les plus orthodoxes de l'aficion que les résistances sont les plus fortes. Seul garde-fou à la dérive d'un seul, la formation obligatoire que doivent suivre les commissaires-présidents devrait donc être renforcée, avec, pourquoi pas, quelques stages au campo ou dans l'entourage des cuadrillas.

Car comme on le dit ici souvent, la tauromachie ne s'apprend pas que dans les livres, et encore moins dans le règlement.


André Viard