Dimanche 5 avril
2015

L'Edito

 

LA MISSION

Loin d'être une aventure collective, le monde taurin est constitué d'une multitude de destins, parfois parallèles, parfois croisés, parfois se déroulant dans des univers si éloignés qu'ils ne s'aperçoivent jamais.


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Actualité
ARLES : JUAN BAUTISTA ET MANZANARES A HOMBROS

Idéalement faite pour les toreros, la corrida de Domingo Hernandez est sortie mobile, généreuse et combative, mais a payé ses efforts physiques par de répétitifs accès de faiblesse. A part le troisième qu'il convenait d'obliger, tous ont volontiers porté humblement la tête basse, ce qui les a enclins à la docilité. Les second et cinquième ont chuté. Les premier et quatrième ont manqué de transmission. Le dernier a chargé avec une inlassable abnégation qui lui valut une vuelta posthume. Finito de Cordoba : silence et ovation. Juan Bautista : salut et deux oreilles. Manzanares : salut et deux oreilles et la queue.
Le premier donna le ton de l'après midi en poussant droit sans coup de tête parasite. Sa charge suave ne mit pas les gradins sous tension, il convint donc d'attendre que la lumière vienne de la virtuosité du torero. Au cours d'une faena construite et élégante, Finito n'y parvint que le temps d'éclairs isolés. Il ne tua qu'au quatrième voyage. Silence. Le quatrième poussa modérément sans jouer de la corne. Tête basse et sans la relever entre les passes, il répéta à la demande. Finito marqua, une fois de plus l'espace par son classicisme et sa toreria. ¾ de lame portée sans brio. Ovation au torero et à la dépouille.
Le second découvrit la nuque et mit les reins dans les capes. Il s'employa généreusement sous le fer et pour finir répéta de longues charges claires au troisième tiers. Il paya cette débauche d'énergie par de répétitives génuflexions qui cassèrent la faena. Sans résultat Juan Bautista tenta de l'économiser. Salut après pinchazo entière et descabello. Une fois ses appuis assurés, le cinquième poussa droit sous le peto où il consomma toutes ses forces. Brave, il ne cessa d'avancer sur l'ennemi mais sa faiblesse le rendit gazapon. Juan Bautista se retrouva pris entre deux contraintes contradictoires : baisser la main pour fixer la charge et la relever pour éviter les chutes. Il résolut le dilemme avec brio, jouant sur les distances et la cadence lors d'une faena menée crescendo. Deux oreilles après un recibir réussi au second essai.
Le troisième manqua de classe au cheval. A pied il marqua une claire propension à se montrer agressif et violent, ce qui donna du relief à la faena. Manzanares assura sa domination en quatre séries, puis pesa sur la charge pour chauffer les gradins lors de séries des deux mains. Salut après pinchazo et entière. Dépouille applaudie. Le dernier s'employa sous le fer. Juste de force, il dut puiser dans ses ressources morales pour garder une mobilité sans faille et supporter les passes par le bas. Manzanares s'imposa en lui gardant le mufle au raz du sol. Dans le rythme idéal, il se l'enroula autour du corps en un carrousel magique où chaque série ne fut qu'une seule passe. Un recibir cité de trente mètres vint couronner une œuvre à la fois techniquement aboutie et lourde de sentiments. Contraint par le délire des gradins le Président tomba tous les mouchoirs. Deux oreilles et la queue et vuelta posthume au toro. Bourrasque de vent Arènes pleines.
Frédéric Pascal. Voir reportage André Viard.

ARLES : LILIAN FERRANI A HOMBROS, VUELTA POUR REHUELGA

Pour qui ne connaît pas l'encaste Buendia, et au vu de certaines reseñas il y en a, la novillada de Rehuelga a pu paraîre décevante - on l'a lu -, ce qui est fort injuste. En réalité elle fut bonne, avec les caractéristiques du bon Santa Coloma et sans les défauts habituels de l'encaste. En d'autres temps, et d'autres mains, ce lot aurait offert toutes ces oreilles, mais les toreros modernes semblent avoir perdu le mode d'emploi. La déception est venue de Ginés Marín, que l'on annonce comme une nouvelle étoile, et qui s'est montré conformiste et mécanique face à deux novillos, surtout le dernier, qui permettaient beaucoup plus. Beaucoup de technique, mais aucun sentiment. Ce qui fut aussi le cas de Martin Escudero, moins bien servi, mais qui semble avoir perdu sa frâcheur initiale.
Le grand triomphateur, moral et numérique, fut donc le français Lilian Ferrani, face au meilleur lot, certes, mais dont il sut profiter de la bonté en offrant ce qu'il a à donner : de l'enthousiasme, de la volonté, et un temple notable qu'il semble avoir approfondi durant sa longue absence. En coupant trois oreilles il s'est signalé aux organisateurs français. Se souviendront-ils de lui ? Il faut l'espérer.
Des novillos de Rehuelga, bien présentés, typés et nobles à divers degrés, on retiendra l'excellen cinquième, Jirilguito, justement primé d'une vuelta, mais aussi le dernier, d'une profondeur de charge supérieure, mais que Gines Marin brusqua trop pour en profiter.
André Viard. Voir reportage André Viard.

PAQUES À AIGNAN

Dimanche 5 avril, toros de Concha y Sierra pour Javier Castaño, Pérez Mota, Alberto Lamelas. Renseignements et Réservations : 05.62.09.20.96 ou bien par email : aignanytoros@orange.fr

PÂQUES TAURINES À MUGRON

Lundi 6 avril, novillada sans chevaux à 11 heures : 3 erale de Alma Serena pour Adrien SALENC et Tibo GARCIA. À 16 heures 30, novillos de Baltasar Iban pour Alejandro Marcos, Louis Husson et Leo Valadez qui débutera en novillada piquée.

OPUS 56 :
"FLEUR DE LYS ET AUROCHS DE HECK"

De toutes les castes fondatrices, celle de Jijón est la moins connue. De nombreuses légendes l’ont accompagnée pendant deux siècles, sans que l’on sache vraiment d’où elle provenait et ce qu’elle est devenue.
Cet opus offre pour la première fois une synthèse complètede son histoire : entre la fleur de lys avec laquelle les Jijón marquaient leurs toros et l’aurochs de Heck qui est curieusement son descendant le plus direct, qu’est-il advenu de cette race qui provenait, dit-on, de la première ganaderia royale créée vers 1535 à Aranjuez par Charles Quint ?
De Villarrubia de los Ojos del Guadiana à la Sierra de Guadarrama et aux confins de la Sierra Morena où se trouvent les ganaderías de Alfredo Quintas et Peñajara, cet opus thématique invite à un fabuleux voyage qui passe aussi par Aranjuez et Colmenar Viejo où prospérèrent les ganaderías de Gaviria, Aleas, Elías Gómez, Bañuelos et Vicente Martínez.
Et pour boucler la boucle, cette Route Jijón qui coïncide avec celle du Quichotte se termine dans les environs de Villarrubia de los Ojos del Guadiana, où une poignée d’aficionados veulent réintroduire le toro de Jijón dans ses parages d’origine. On peut le feuilleter ou le commander en ligne.


FERIA D'ARLES

Aujourd'hui à 11 heures, novillos de Rehuelga pour Martin Escudero, Lilian Ferrani et Gines Marin. À 17 heures toros de Domingo Hernandez pour Finito de Cordoba, Juan Bautista et Manzanares. Dimanche 5 à 11 heures course camarguaise, trophée des As. À 17 heures, un toro de Murube pour Manuel Manzanares, et six de Montalvo pour Castella, Fandiño et Daniel Luque. Lundi 6 à 11 heures, toros de Murube pour Rui Fernandes, Andy Cartagena et Lea Vicens. À 17 heures, toros de Baltasar Iban pour El Cid, Joselito Adame et Juan del Àlamo.

FERIA DE RIEUMES

Le 28 juin au matin, erales de Turquay pour Carlos Corradini et Tomas Ubeda. L’après-midi, novillos de Diego Puerta pour Louis Husson, Pablo Aguado et Ruiz Muñoz.

FERIA DE BOUJAN SUR LIBRON

Vendredi 5 juin, quatre erales de Margé pour Tibo Garcia, Adrien Salenc, Carlos Olsina et Alejandro Gardel. Samedi 6 novillos de Partido de Resina pour Joaquin Galdos, Manolo Vanegas, Andrés Roca Rey. Dimanche 7 novillos de Cebada Gago pour Vicente Soler, Borja Alvarez et Pablo Aguado.

CARTELS D'EAUZE

Le Maire et la Commission Taurine de la Ville d' Eauze ont arrêté le cartel de la corrida du 5 juillet 2015. Toros d'Antonio Bañuelos pour César jimenez, "Pérez-Mota" et Juan Leal. En matinée novillada non piquée : 4 erales de Jean Louis Darré pour 2 novilleros à désigner.

FERIA DE VIC

Samedi 23 mai, toros de Cebada Gago pour Manuel Escribano, Pérez Mota et Thomas Dufau. Dimanche 24 mai à 11 heures, toros de Valdellán pour “Paulita”, Medhi Savalli et César Valencia. L'après-midi, toros de Escolar Gil pour Fernando Robleño, Sergio Aguilar et Alberto Aguilar. lundi 25 à 1 heures, toros de Dolores Aguirre pour “Rafaelillo”, Sánchez Vara et Alberto Lamelas.

FERIA DE CÉRET

Samedi 11 juillet 2015, 18 heures, toros de Dolores Aguirre pour Fernando Robleño, Alberto Aguilar et Alberto Lamelas. Dimanche 12 juillet à 11 heures, toros de Juan Luis Fraile y Martín pour Sánchez Vara, Morenito de Aranda et Pérez Mota. Dimanche 12 juillet à 18 heures, toros de Adolfo Martín pour Luís Miguel Encabo, Diego Urdiales et Fernando Robleño.

FERIA D'ALÉS

Samedi 16 mai, toros du Curé de Valverde pour Marc Serrano, Alberto Alvarez et Alberto Lamelas. Dimanche 17 mai au matin, 4 novillos de Jalabert pour Manolo Vanegas et Louis Hussson. L'après-midi, toros du Pilar pour Curro Diaz, Javier Castaño et Alberto Lopez Simon.

OPUS 55 :
"ENTRE CAMARGUE ET CASTILLE"

Entre La Belugo et les Rasos de Portillo, un trait d’union semble avoir été tracé entre deux ganaderías aux prises avec les mêmes problèmes, au même moment.
De part et d’autre, une génération remplace la précédente, et dans les deux cas l’objectif est le même : moderniser sans trahir le passé.
Pour celle de Yonnet, celui-ci s’enracine dans les marais de Camargue et plonge au coeur des encastes historiques de Jijon et de Navarre. Pour celle du Raso de Portillo, le mélange né dans les marais salins du Duero est tout aussi mystérieux, mais sa base demeure la race née en Castille.
À travers son histoire, c’est la tauromachie rugueuse du Moyen-Âge qui renaît, ainsi que celle fastueuse du Siècle d’Or, dont ne subsistent aujourd’hui qu’une vaste Plaza Mayor à Valladolid et quelques tableaux jaunis dans d’obscurs musées. L'opus 55 est en vente et on peut le feuilleter ou le commander en ligne.

OPUS 52 : LE MODÈLE SYMBOLIQUE

En inscrivant le 22 juin dernier la grotte Chauvet au Patrimoine de l’Humanité, l’UNESCO vient d’offrir à la culture taurine sa datation définitive. Après avoir mis à jour la genèse du geste taurin et sa dimension religieuse dans l’opus 50, grâce aux oeuvres de Villars, Roc de Sers et Lascaux (entre -22 000 et -17 000 ans), c’est aux origines que Chauvet nous invite à remonter : voici 36 000 ans, un artiste anonyme y inventa le mythe du Minotaure et l’associa à celui de la fertilité.
Mais il y a plus troublant encore : si l’on trace une ligne qui relie ces grottes entre elles et qu’on la prolonge jusqu’à celle de Cosquer, on s’aperçoit qu’elle délimite presque exactement au nord la France taurine actuelle, et dessine les contours de ce Sud profond dont aujourd’hui la voix s’élève pour exiger le respect de sa culture et de ses traditions. L'occasion de raconter, comme jamais auparavant, la genèse de la tauromachie en France.
Dans cet opus également, un voyage dans la "bande gallega" au coeur de l'Extremadure, où l'on trouve quelques unes des arènes lesplus anciennes du pays, une visite dans la ganaderia de Manolo Gonzalez dont l'horizon s'obscurcit, une promenade sur le chemin du Rebollar au travers de trois ganaderias atypiques, et un retour sur le destin de ce "Taxi Driver" moderne qu'est Alberto Lamelas. En kiosques et dans les boîtes aux lettres. Feuilleter.


L'AFICION DES TERROIRS

L'opus 51 de Terres Taurines est en kiosques, avec quelque retard suite à des problèmes de transport.
Des garrigues du Midi aux marais de Provence, des collines de Gascogne aux contreforts pyrénéens, la fête taurine se décline au gré de nos accents. L'UNESCO ne dit pas autre chose quand elle fait du lien qui unit une culture à un terroir la condition sine qua non de sa reconnaissance : sans bassin défini dans l'espace, pas d'inscription possible au patrimoine. Née au temps où le langage en était à ses balbutiements et longtemps avant l’écriture, la tauromachie a évolué en se diversifiant au gré des territoires et des populations à partir d’une origine commune.
Cette diversité explique sa richesse, et les mots «Culture et Passion», écrits dans le titre de Terres Taurines, y sont pour rappeler que l’approfondissement de la première est la condition de l’enrichissement de l’autre. Pour le comprendre, il suffit de partir à la découverte. Au sommaire de cet opus :
- "La dictature de l'animal sensible" une étude indispensable sur la personnification de l'animal et l'amendement Glavany,
- "Gerardo Ortega : Souffre couillon ! un voyage émouvant dans une des ganaderias les plus belles de la sierra de Aracena.
- "Siega Verde, le Concile de pierres", visite au gisement à ciel ouvert sur les terres de Ciudad Rodrigo où est proposée la visite de deux ganaderias aux profils différents : Carreros et Pédres.
Rencontre enfin avec Conrado, le dernier des chasseurs-cueilleurs. Feuilleter.


RASSEMBLEMENT DES AFICIONADOS LE 19 AVRIL À ARLES

À l’appel de toutes les composantes du monde taurin français, les aficionados se sont rassemblés samedi 19 avril sur le grand escalier et le parvis des arènes d’Arles, mais aussi dans les rues adjacentes, tant l'affluence fut nombreuse. Estimée entre 6000 et 7000 personnes, la foule des aficionados a montré sa force, sa dignité et sa détermination à se faire respecter. Voir images.


OPUS 50 DE TERRES TAURINES

Il y a plus de 20.000 ans, dans l’abside secrète de l’imposante cathédrale géologique de Villars, un homme de Cro-Magnon peignit la première tauromachie de la préhistoire. Mille ans plus tard, au Roc de Sers, fut gravée la seconde scène d’un triptyque étonnant, dont, 2.000 ans plus tard, la troisième, qui est la plus connue, fut peinte dans le puits de Lascaux. Réalisées à la charnière du Solutréen et du Magdalénien, ces trois œuvres exceptionnelles témoignent, pendant 3000 ans au moins,de l’existence d’un mythe récurrent qui invite à penser que c’est entre Dordogne et Charente que toutes les tauromachies sont nées. Le reportage qui leur est consacré est appeler à faire date : dans la connaissance que nous avons de la mythologie de la Fiesta, il y aura un avant et un après. Dans cet opus aussi, voyage au campo chez Fernando Palha, Aurelio Hernando, El Parralejo et Juan Pedro Domecq. Feuilletez.


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De nombreux lecteurs souhaitant acquérir la version espagnole de la revue, il est possible de la découvrir et de s'abonner sur le site Tierras Taurinas.


CREATION EN LIGNE

Issue des Beaux-Arts de Bordeaux et à l'origine de l'atelier de création indépendant Ultraviolet, Stéphanie Lhéraud (qui a créé l'univers visuel de ww.terrestaurines.com) invite les aficionautes à visiter son travail... et éventuellement à lui en donner. www.uv-creation.fr

 






















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