MÊME PAS EN RÊVE




Entre l'imposant rassemblement du samedi et la manif malingre du dimanche, Arles a montré la réalité : d'un côté une culture riche et prospère, de l'autre une poignée d'aigris de moins en moins capables de rassembler au-delà de leur petit noyau. Alors qu'ils espéraient 1500 manifestants (annoncés dans la Provence), ils se sont comptés 140, TTC. Et sous la pluie.

Il y avait quelque chose de pathétique dans ce triste rendez-vous manqué entre la folie des grandeurs de leurs gourous mégalomanes et la tristesse résignée de ces manifestants constatant que leur mouvement s'essouffle et que plus grand monde ne croit à leurs arguments.

En fait, convoquée par la BAC de Marseille, cette manif fut un remake de l'histoire de la fameuse sardine qui avait bloqué le vieux port : une galéjade qu'il m'a beaucoup amusé de suivre de prés, histoire de vérifier que l'humour n'est pas la qualité première de tous les traine savates qui viennent passer leurs dimanches devant nos arènes en pratiquant la méthode Coué.

Interpelé par le très concerné "Ana Galore", j'ai eu l'occasion de le remercier : depuis qu'ils nous harcèlent, il n'y a jamais eu autant de monde dans les arènes, les aficionados ayant compris que la meilleure réponse à leurs provocations est d'y aller. J'ai donc encouragé le leader du CRAC (on dit que Garrigues est sur la touche pour éviter que ses condamnations futures ne ternissent l'image du mouvement), à ne rien lâcher : plus ils manifestent, plus la grande famille taurine se réunit.

On l'a bien vu samedi, lors de ce rassemblement qu'eux-mêmes sont incapables de convoquer... même pas en rêve.


André Viard