JUSQU'À QUAND ?




Dans une chronique remarquée et fort opportune, Juan Manuel Albendea, président PP de la commision culturelle au Congrés et, es qualité, en charge du dossier taurin, pose la question qui est sur presque toutes les lèvres après une semaine de fiasco quasi général à Séville : La Fiesta peut-elle continuer ainsi ?

Aficionado de longue date et sévillan, Juan Manuel Albendea n'est pas, loin de là, un taliban, ce qui rend son avis plus crédible encore. (lire).

Deux reproches essentiellement : la présentation et le manque de caste, deux détails qui, à Séville, ne semblent pas avoir douché l'enthousiasme de tous ceux qui, pour une faena esthétique de Manzanares ou de Morante, seraient prêts à envoyer la Fiesta à tous les diables. Esthétique, oui, mais devant quoi ?

C'est un peu comme si face au Cantona de la grande époque, on avait mis une défense de cadets, juste pour le voir accumuler les goals de génie, sans se demander si ce qui fait la valeur de la performance n'est pas précisément celle de l'opposition.

Nous sommes, à Séville, et de manière générale, dans cette situation : pour voir toréer de manière parfaite trois ou quatre toreros, le système est en train de remettre en question tout ce qui fit l'authenticité de la Fiesta. Et le public suit.

Et Juan Manuel Albendea a parfaitement raison lorsqu'il souligne que la corrida de Domingo Hernandez, par exemple, était impropre de la Maestranza, bien que les vétérinaires aient refusé sept exemplaires avant de pouvoir constituer un lot. Comment devaient être les recalés, quand on a vu les titulaires ?

Juan Manuel Albendea a raison aussi, lorsqu'il souligne que la suerte de varas est devenue un simulacre, ce qui agrave encore le problème et permet de cautionner tous les excès. Bien sûr, tout cela a été dit et écrit maintes fois et dans de nombreuses tribunes, mais la différence est que ces propos sont repris aujourd'hui par un des premiers personnages de l'État, qui, avec le ministre de la culture, entend mettre l'accent aussi sur ce qui ne va pas : la Fiesta est certes une culture, mais elle doit demeurer authentique.

Quand le G10 est allé demander le passage de la tauromachie sous tutelle du ministère de la culture, il ne s'attenait certainement pas à çà.


André Viard