BB, "PROTECTION DES ANIMAUX" ET TERRE SACRÉE




Comme il était prévisible, les critiques pleuvent sur le ministère de la culture de la part des milieux radicaux de la cause animale. Heureusement, conformément à l'esprit républicain, Frédéric Miterrand recadre le débat en confirmant qu'il ne s'agit pas d'une mesure politique mais technique.

En réponse aux propos de Brigitte Bardot qui le qualifiait de "ministre de l'inculture", suite à l'inclusion de la tauromachie sur la liste du patrimoine immatériel français, Frédéric Miterrand a donc répondu : "Je n'ai pas de sympathie particulière pour la tauromachie, ni pour la chasse à courre, ni pour la mise à mort des animaux pour la fourrure, ni pour le transport des animaux dans des conditions dégradantes, même si je ne mets pas toutes ces pratiques sur le même plan. Il ne ressort pas du ministère de la Culture de prendre position sur ces problèmes de société qui relèvent des campagnes générales auprès de l'opinion et du Parlement. L'inscription de la tauromachie dans un simple inventaire patrimonial qui est fait chaque année par le ministère de la Culture n'a pas d'autre valeur que d'appartenir à un inventaire. Ca ne veut absolument pas dire que le ministère de la Culture soutiendra ou soutiendrait la candidature de la tauromachie au patrimoine immatériel de l'Unesco. Ce sont deux choses différentes".

Faisant droit à la demande de l'Observatoire, cette mesure de classement répond donc, comme il a été exposé, à des critères techniques et scientifiques tout au long d'un procesus, et il est important de le souligner, dans lequel le politique n'a eu aucun rôle. Sur les insultes qui lui sont faites, le ministre a souligné qu'il ne se "formalisait pas des termes utilisés par Brigitte Bardot, qui a le droit, comme tout le monde, de se mettre en colère pour des motifs qui lui tiennent à cœur. Elle a toute mon amitié et toute ma sympathie, comme j'ai eu l'occasion de le lui dire dans d'autres circonstances où ses propos avaient aussi excédé sa pensée", a-t-il assuré. Autrement dit, en bon français, c'est à dire sans jargon politiquement correct : chante beau merle...

Pour sa part, l'association écolo-mystique Terre Sacrée a lancé une pétition (de plus) en ligne pour demander le déclassement de la tauromachie de l'inventaire du patrimoine. Très entraînée dans ce genre d'actions, l'association est en pointe sur tous les combats qui fondent l'écologie politique, même si elle revendique son indépendance vis-à-vis de tout organisme religieux ou politique. "Nous exigeons le retrait immédiat de cette décision abjecte, de cette infamie qui autorise l'état à subventionner, avec nos sous, la torture des animaux, faisant de chaque citoyen français un barbare" précise la pétition, ignorant sans doute que les "sous" des aficionados entrent également dans les caisses de l'État, et qu'il n'est évidemment pas question de demander des subventions au travers de cette décision.

Même argumentation de la part des
députés membres du Groupe d'études parlementaire "Protection des animaux" qui ont demandé au ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, le "retrait immédiat" de l'inscription de la corrida au patrimoine culturel immatériel national. Geneviève Gaillard (SRC), Muriel Marland-Militello (UMP) et Armand Jung (SRC), antis institutionnels qui ont déjà déposé plusieurs proposition de loi à l'Assemblée pour en finir avec la corrida, respectivement présidente et vice-présidents du Groupe d'Etudes "protection des animaux", "s'indignent", dans un communiqué, "contre une telle reconnaissance vis-à-vis de ce qui demeure une exception scandaleuse et fragile à la pénalisation des cruautés et sévices faits aux animaux en France".

Pour ces députés de tous bords, "l'obtention d'un statut culturel en France pourrait servir de première marche vers un classement au rang de patrimoine immatériel mondial de l'UNESCO de la tauromachie". D'autre part, font-ils remarquer, "il est à craindre que certains en profitent pour obtenir des subventions pour la corrida, ce qui aboutirait à contraindre les contribuables à financer une torture publique, qui est rejetée par 60 à 80% des Français régulièrement interrogés !"

La réponse des députés et sénateurs aficionados ne devrait pas tarder.

Ce genre de pétitions, courriers directs et interpellations basés sur la méconnaissance et la désinformation vont encore fleurir dans les prochaines semaines, de même que les interventions de la part des députés qui ont déjà présenté diverses propositions de lois d'abolition, pour obtenir du ministre de la culture qu'il revienne sur sa décision, malgré la ligne claire, et républicaine, sur laquelle il est fixé : la tauromachie a le droit d'entrer dans l'inventaire du patrimoine français, mais on a le droit de ne pas aimer.

Il ne faut toutefois pas laisser aux seuls antis - taurins ou planétaires - l'exclusivité de l'occupation du terrain. Pour les contrer, la solution est simple : mettre en face des leurs autant de courriers remerciant le ministère pour son courage face à cette véritable inquisition écologiste et animalière.

La lettre ci-dessous peut servir de modèle, et il est recommandé d'en envoyer le plus possible, quitte à écrire chaque jour : ceux qui veulent éradiquer notre culture le font.

"Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Ministre de la Culture,

Je vous adresse tous mes remerciements pour l'inscription de la tauromachie au patrimoine immatériel français.

Par cette décision, l'État français a apprécié la réunion des conditions techniques de recevabilité du dossier et la réaction agressive des opposants à la tauromachie ne doit pas remettre en cause pour des raisons subjectives ce qui a été jugé techniquement et scientifiquement conforme.

Cette décision participe de l'enrichissement de la diversité culturelle qui fait la force et le prestige de la France, et garantit pour des millions de français la liberté fondamentale de préserver leur patrimoine culturel dans le respect des valeurs républicaines.

Recevez mes plus respectueuses salutations
".

Les adresses auxquelles envoyer ce courrier sont les suivantes :

Monsieur Nicolas Sarkozy
Président de la République
55 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 PARIS
Mail : http://www.elysee.fr/ecrire/

Monsieur François Fillon
Premier Ministre
Hôtel Matignon
57 rue de Varenne
75007 PARIS
Mail : premier-ministre@cab.pm.gouv.fr

Monsieur Frédéric Mitterrand
Ministre de la Culture
Ministère de la Culture et de la Communication
3 rue de Valois
75033 PARIS CEDEX 01
Mail : sp.ministre@culture.gouv.fr

L'Observatoire a fait son travail, aux aficionados, aux villes, aux élus, aux associations de prendre le relais. Écrivez, faites écrire, défendez notre liberté.


André Viard