Brindis de réconciliation. Photo Pierre Charrain




MANO A MANO TRIOMPHAL


Deux matadors français dans une arène pleine pour assister à leur mano a mano, s'il fallait encore apporter la preuve de l'évolution de la France taurine vers une maturité apaisée, même les plus sceptiques ne pourraient que l'avoir trouvée.

D'autant que demain, pour la confrontation annoncée du Juli et de Perera, il se pourrait qu'il y ait un poil moins de monde malgré une grande entrée et malgré le fait qu'a priori le samedi est bien plus porteur que le vendredi. Ce qui signifie que les valeurs françaises se portent tellement bien chez elles qu'à la bourse taurine elles dépassent même l'indicateur étalon, le Juli, auquel Perera, triomphateur de la temporada précédente, n'apporte finalement pas le "plus" espéré en terme de fréquentation, ce qui ne pourra que conforter les empresas qui n'ont pas jugé utile de l'engager, estimant sa cote surévaluée.

Ne revenons pas sur les considérations mercantilistes abondamment commentées ici-même voici deux mois, mais réjuissons-nous donc du triomphe des deux matadors français, et plus encore de la saine competencia qui les a poussés tous deux à se dépasser devant un public que l'on a senti presque unanimement heureux de les voir se partager équitablement les trophées.

Trois pour Juan Bautista, formidable de classe et de temple, trois aussi pour Sébastien, époustouflant de sitio et de dominio, six en tout donc face à une corrida somme toute moyenne qui aura servi surtout à mettre en valeur les grandes qualités de nos deux toreros et l'excellent moment qu'ils traversent dans leur carrière. Enhorabuena à tous deux.

André Viard

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