LA DIVERSITE DU MONO-ENCASTE


Dans le patio de Illumbe, les aficionados se pincent un peu. Les bars sont fermés - procédure judiciaire oblige - et dans les chiqueros six toros issus de Domecq attendent. Six ! La diversité du mono-encaste va être mise à rude épreuve.

Deux heures et des poussières plus tard les sceptiques en sont pour leurs frais. La tienta du mono-encaste a tenu ses promesses et le public qui est venu s'est régalé.
Faut-il être surpris ? Le seront sans doute ceux qui ne veulent pas admettre que la bravoure du toro évolue et que c'est précisément dans certains des élevages de cet encaste que l'on est le plus en pointe.

Il ne faut bien sûr pas généraliser, mais force est de constater, après avoir vu sortir six (plus un sobrero) toros issus du même sang, que l'avenir du spectacle taurin est en train de se préparer dans ces ganaderias où l'on a compris que - concours ou pas - la pique n'est plus une fin en soi et que le toro doit avant tout parvenir entier dans la muleta.

Ce fut le cas du premier Zalduendo, franc et galopeur jusqu'au bout, auquel le prix fut de manière incompréhensible confisqué au profit d'un Fuente Ymbro beaucoup moins brillant... Le syndrome torista a joué un mauvais tour à Fernando Domecq... et à joué à plein pour Ricardo Gallardo qui se plaignait une heure avant du mauvais sort fait à son toro lidié la veille à Zaragoza, lequel, bien plus complet que celui de Illumbe, fut battu sur le fil par un Prieto de la Cal brave à l'excès, mais éteint dans la muleta.

La tauromachie d'avant et celle de demain... Souhaitons à la concours de Vic, puisque c'est la prochaine, d'être aussi passionnante que le fut celle de San Sebastian, laquelle nous a rappelé les grands festivals de bravoure qui - il y a très longtemps - convoquaient à Jérez le ban et l'arrière-ban de l'aficion que l'on ne disait pas encore torista, mais qui aimait le toro, tout simplement.


André Viard