FERIA DE SAINT-MARTIN DE CRAU

SAMEDI : OREILLE POUR EL SANTO

… et il s’est bien battu le petit Landais pour aller la couper cette oreille à son premier adversaire de Justo NIETO. De gabarit quelque peu faible comme ses deux frères du même fer (1, 2 et 3), ce Nieto là fut bien reçu de cape, bien mis en suerte, agréablement banderillé de concert avec Adame et la musique jouera pour une faena a mi-hauteur afin d’éviter les chutes. Face à un beaucoup plus corpulent mais cornicorto second au fer de SANCHEZ FABRES (4, 5 et 6) Julien DUSSEING « EL SANTO » hésitera au capote avant de mettre en suerte face à un excellent Gaben REHABI qui sera obligé de venir saluer puis de faire une vuelta finale en compagnie du jeune maestro. Trois longues envolées du grand toro vers le cheval puis une supplémentaire au regaton ! Ole et joue la musique. Hélas le tio baissera de ton au dernier tiers et la faena basculera a menos sans que toutefois Le Santo ne démissionne. Joselito ADAME (salut et salut) était au paseo pour cette novillada des fêtes de Saint Martin de Crau et le jeune mexicain nous aura régalé aux palos ou il excelle. Face a son maigrichon premier, distrait et difficile à fixer, la bagarre sera hautement méritoire tout comme celle servie à son second (Sanchez Fabres) qui tournera toutefois à l’avantage du novillo. Un bestiau allant volontiers lui aussi au cheval, sans grand style, qui se révèlera récalcitrant, violent et à la limite du toréable à ce niveau de métier. Troisième homme et non des moindres, PEREZ MOTA (salut et vuelta) aura démontré de bien réelles qualités toreras notamment au cours de sa seconde faena face à un autre beau Sanchez Fabres aux cornes malheureusement ridicules. Deux rencontres en venant secouer la monture il sera entrepris des deux bords en de longues séries main basse. La musique est longue à venir et la communion entre animal, homme et public se fait. Las la mise à mort sera très laborieuse (avis) et la communion se transformera vite en chahut lors de la vuelta forcée du jeune maestro. Dans son emportement la foule réclamera une vuelta posthume pour ce N°10 qui sera accordée ! Son premier (Nieto) était quasi invalide, de laide présentation et impropre pour la faena. Le temps était très agréable et l’entrée confortable aux trois quarts. Pierre Charrain.

DIMANCHE : OREILLE POUR JULIEN LESCARRET

Beaucoup de monde, quasi plein, sur les étagères de la placita de SAINT MARTIN DE CRAU pour cette corrida concours édition 2007. Curiosité par contre dans l’attribution des prix ? Le prix au meilleur toro est resté désert, celui au meilleur picador également mais la première édition du trophée Aymé GALON, pour lequel on a respecté une minute de silence au paseo, à été attribué au toro sorti en premier de Juan Luis FRAILE ! Pas laid (545 kg) cet animal ira prendre 3 piques sans style, affichera quelques fléchissements et rendra la faena de Fernando ROBLENO (salut et silence) bien insipide. Le second toro du maestro, un TARDIEU frères de 525 kg n’inspirera pas outre mesure notre torero qui abrègera bien rapidement devant pas mal de difficultés. Le toreo de châtiment par le bas n’aura pas plu au public qui restera toutefois silencieux. Face à son premier de SANTAFE MARTON, un tio agressif de 550 kg et cinq ans passés, Sergio AGUILAR (sifflets et silence) restera dans l’expectative. Le « tonton » fuse pour faire mal et se refuse à s’employer sous quatre piques d’ou il sort seul. Un peu de panique aux palos, pas de brindis et lame à la sauvette au troisième essai. Face au dernier, un représentant de MEYNADIER, fin et bien roulé (530 kg), Sergio instrumentera une longue faena (avis) au cours de laquelle il semblera à l’aise des deux côtés mais qu’il ne parviendra pas à faire passer aux gradins qui lui réserveront juste deux applaudissements. L’heureuse surprise nous vint encore une fois d’un jeune torero Français Julien LESCARET (oreille et vuelta). Quel bonhomme que ce landais là ! Face au Justo NIETO (535 kg), ovation au capote et trois rencontres sans s’exprimer vraiment. Brindis au public et toreo calme a mi-hauteur pour éviter fort justement les chutes. La musique joue et Julien aborde sans faille les deux bords. L’entière est concluante au second essai et la seule oreille de cette chaude après-midi tombe du palco. On retrouvera un torero conquérant face au tio des Frères GRANIER (555 kg) qui saute au callejon, va secouer Jacques Monnier puis sème une certaine panique aux palos. La faena semble bien compromise mais voilà le minot qui va voler deux naturelles qui en valaient bien dix ! La droite reste bien problématique mais abordée avec envie, la lame est au troisième essai mais la vuelta est chaleureuse. Alors question : pourquoi Julien ne serait-il pas automatiquement à l’affiche des grandes ferias du Sud-Ouest ? Il y a sa place, plait aux publics et paye comptant ses prestations. Pierre Charrain.


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