QUESTION DE NIVEAU

La corrida d'hier à Séville a donné lieu à un brutal retour sur terre après plusieurs journées marquées par des moments importants.

Et ce n'est pas faire injure aux trois toreros - Vilches, Gallo et Capea - que de dire qu'ils sont les premiers responsables de la vague d'ennui qui a fait bailler la Maestranza. La raison en est fort simple : dans toutes les sensibilités du toreo le niveau est très élevé et le moins que l'on puisse dire est qu'ils se sont montrés hier très éloignés du sommet. Et le public ne s'y est pas trompé.

Comment le pourrait-il d'ailleurs, après avoir assisté par exemple aux démonstrations d'intelligence du Juli, de toreo profond de Morante, de courage tranquille de Castella, d'entrega totale de Talavante, d'élégance de Manzanares ou de précision technique du Cid ?

Comparaison n'est pas raison, mais une évidence s'impose : après quelques années un peu creuses monopolisées par une poignée de figuras en roue plus ou moins libre, la competencia est de retour dans les arènes grâce à une jeune génération peu soucieuse de s'en laisser conter.

Faut-il voir dans la motivation de tous les toreros cités le double effet d'une feria télévisée et du retour prochain de José Tomas ? Sans doute. Et il n'est pas exagéré de penser que cette émulation très saine aura un coût exorbitant pour ceux qui ne seront pas capable de suivre.


André Viard