DANS L'URNE DE LA MAESTRANZA

Un rapide sondage sorti des urnes de la Maestranza donne dans l'ordre les premiers gagnants.

Alors que la première semaine de feria s'achève, quelques toreros ont fait un grand bond en avant. Mais au hit-parade de l'aficion, des professionnels et de la presse, les résultats ne sont pas toujours concordants.

Les mêmes noms reviennent pourtant dans toutes les conversations : le Cid, Manzanares et Talavante. Le premier pour sa Porte du Prince légitime consécutive à la prestation la plus complète et la plus solide de la feria, le second pour une faena qualifiée dans de nombreuses chroniques de géniale, et le second pour une présentation importante malgré un triomphe assuré envolé par la faute de l'épée.

Le temps aidant, chacun reviendra sans doute à une juste appréciation des choses, et l'on conviendra sans doute que la faena de Manzanares a peut-être été surévaluée sur l'instant, la beauté plastique de quelques séquences ayant masqué le dominio encore hésitant, ce qui chez un jeune matador n'est pas étonnant. La faena du Cid ne perdra rien au contraire de l'impact qu'elle a eu en direct, de même que quelques séquences de Talavante à la naturelle.

Après huit mois d'alternative à peine et moins de quarante corridas toréées, Talavante a confirmé dans la Maestranza l'étendue de ses possibilités. Pour un peu, après Valence et Madrid il coupait encore deux oreilles...

Un mot sur Castella : son visage à la sortie de l'arène en disait long sur sa déception. On le comprend : grand favori de la feria, il est pour l'instant et malgré l'oreille coupée à un très noble adversaire, bien loin de monopoliser les conversations. Il lui reste une corrida. Le Juli non plus ne doit pas être ravi, de même que Morante.

Demain le second tour de la feria commence, l'occasion pour les battus du premier tour de reconquérir le terrain perdu.

André Viard