L'EXIL DU JULI

Oublié à Séville, le Juli ronge son frein à Mexico où le temps d'un court exil il s'est inventé une temporada, histoire de ne pas se morfondre chez lui tandis que tous ses compañeros défilent - et pour certains triomphent - dans la Maestranza.

Et que vouliez-vous qu'il fit, eut tonné le vieil Horace, alors que le mundillo bruisse de mille rumeurs lesquelles insinuent qu'un "contrat" aurait été mis sur sa tête par quelques empresas histoire de lui faire baisser ses prétentions financières ? Qu'il mourut ? Ce serait mal le connaître.

Avant de baisser les bras et de se rendre sans condition, le Juli entend se battre, avec ses armes de toujours, l'entrega, l'intelligence et le courage, pour essayer de conserver son rang, le premier quoiqu'on en dise, face à la vague de triomphes sévillans. La saison est longue et comme c'est dans les grandes arènes que le Juli a toujours fait la différence, nul doute que l'été nous prépare de sérieuses confrontations.

Pour s'y préparer, donc, plutôt que de se morfondre, le Juli est reparti au Mexique où on a été heureux de l'inclure dans toutes les ferias du mois, neuf corridas en tout dans huit arènes en deux semaines,
Texcoco, Aguascalientes, Puebla, Tijuana...

L'occasion, aussi, de renouer le contact quelque peu distendu avec la Monumental dont les nouveaux gérants ont à coeur de solder tous les conflits. Cette Monumental où le Juli débuta avec picadors le 16 mars 1997, même pas dix ans encore, alors que certains voient déjà en lui un vétéran quelque peu génant.

Lequel aura à coeur sans doute, et à Madrid avant tout, de donner une réplique à la mesure de ses ambitions aux toreros qui durant son absence ont grignoté du terrain : Castella surtout, et Ponce, mais aussi César Jimenez et Perera. Voire encore quelques autres, peut-être, dans ce qui reste de feria d'avril. Cette épine cruelle plantée au coeur du Juli et qui risque bien d'être aiguillon de sa saison. Ojala !

André Viard