PREMIER BILAN

arenes arles

Au terme de la première grande feria de la temporada française suivie par un public nombreux quelques conclusions s'imposent.

Et la première d'entre elles est que le public a répondu présent, garnissant copieusement les tendidos. Selon l'empresa, on peut s'attendre à une augmentation de 10% par rapport à l'année précédente, ce qui est rassurant au egard des prévisions pessimistes qu'avait pu engendre la langue bleue. Dans ce registre, la somptueuse entrée réalisée lors de la novillada du dimanche (prés de 5000 spctateurs présents) apparaît comme le couronnement de la politique de promotion des valeurs locales menée à bien par l'empresa depuis quelques années.

La deuxième conclusion, d'ordre artistique, est que mis à part le samedi, les toreros ont répondu présent eux aussi, assurant le quota de triomphes que le public est en droit d'attendre : Castella, Marco Leal, Savalli, Pérez Mota, Ferrera, Mendoza, Cartagena et Fundi sont sortis en triomphe.

Côté toros, une déception : des quatre lots français présentés, trois ont failli au niveau physique, Gallon, Blohorn et Yonnet, ce qui est étonnant au regard de la trajectoire de ces élevages. L'hiver est-il la cause de ce passage à vide ? Nous le sauros très vite, à Nîmes notamment, où les novillos de Gallon et les toros de Yonnet sont appelés à ouvrir la prochaine feria de Pentecôte.

En revanche, satisfaction avec l'excellente novillada de Palla qui fait d'ores et déjà figure de grande favorite pour les palmares de la saison : un novillo a été primé d'une vuelta, mais deux autres au moins aurait pu l'être aussi.

De manière générale, une tendance se confirme: le toreo effectiste plaît de plus en plus comme le montrent les triomphes de Ferrera, Fundi et des novilleros, ainsi qu'à un degré moindre celui de Castella. Le toreo pur, en revanche, ne fait pas recette : auteur des meilleures naturelles de la feria, Javier Valverde est passé inaperçu ou presque, ce qui est grave.

Côté public enfin, une tendance aussi : jusqu'au dimanche matin, il fut d'une gentillesse incroyable (et les présidences aussi), prêt à tout applaudir et à pousser les toreros vers le triomphe. Puis, comme souvent, le réflexe torista fit pencher la balance du côté de la sévérité sans toutefois atteindre à l'équité que les toreros sont en droit d'attendre.

André Viard