LES BELLUAIRES DE SAN ISIDRO


Après les figuras et les espoirs, les spécialistes - ou aspirant à l'être - des corridas dures, ont du jouer des coudes pour conquérir leur place dans la prochaine feria madrilène. Principale victime de cette féroce lutte d'influence, El Fundi qui n'en sera pas.

Il faut dire que les places étaient chères, avec seulement sept corridas dures de prestige, soit vingt et un postes moins les deux pris par le Juli et le Cid. Dix-neuf postes donc, face à deux corridas de Victorino Martin, deux de son cousin Adolfo, une de Cuadri, une de Palha et une de Guardiola
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La part du lion, c'est Luis Miguel Encabo qui se la taille, avec trois contrats, dont deux face aux victorinos et l'autre face aux adolfos. Considéré par l'aficion torista madrilène comme le grand lidiador de demain, Encabo, dans ce registre, jouit donc d'une programmation de luxe, complétée en outre par un quatrième contrat pour la feria d'automne.

Derrière lui, celui dont il prendra vraisemblablement à terme la place, Luis Francisco Espla, lequel combattra les deux corridas de Victorino dans ce qui se présente sans doute, les ans ne passant pas en vain, comme un des derniers grands rendez-vous de sa glorieuse carrière.

Avec deux corridas aussi, dont celle moins dure de Carriquiri et une d'Adolfo, Antonio Ferrera pourrait créer la surprise : il est dans un bon moment et à son niveau de carrière semble moins sujet à l'irrégularité qui lui coûta si cher dans le passé.

Deux corridas aussi pour Pepin Liria qui jouera en grande partie sa saison à Las Ventas, mais il y est habitué, n'ayant jamais bénéficié des largesses des empresas. Guardiola et Adolfo Martin sont les plats qui lui sont proposés.

Deux corridas encore pour le salmantino Lopez Chaves qui fait figure de out-sider à ce niveau : Cuadri et Adolfo Martin. Deux corridas, quatre toros pour convaincre qu'il peut incarner la relève dans ce créneau.

Deux corridas également pour l'autre salmantino Javier Valverde, mais aucune de l'encaste albaserrada qu'il comprend pourtant bien : Cuadri et Guardiola.

Deux corridas toujours pour Fernando Robleño qui depuis deux saisons a perdu beaucoup de terrain et devra, face aux toros de Adolfo et Dolores Aguirre conquérir à nouveau ce public qui le propulsa au sommet de sa catégorie.

La surprise vient de Padilla, engagé une seule fois face aux toros d'Adolfo Martin, mais moins de Luis Vilches, une fois aussi face à ceux de Palha, ce qui, pour le nouveau "chouchou" de l'aficion aquitaine, n'est sans doute pas ce qu'il espérait.

Ce qu'espérait le Fundi, c'était de pouvoir toréer deux corridas. le torero est resté inflexible, l'empresa aussi. Total, il n'y sera pas. Ce qui confirme l'écart qui existe entre le marché français et celui de la Péninsule.

André Viard