PO-SI-TI-VONS !


Si l’on veut savoir ce qu’il se passe réellement à Valence et Castellon, mieux vaut ne pas lire la presse où l’opinion est faite par les officines de communication des toreros, voire les toreros eux-mêmes, et où la tendance est à l’autosatisfaction tacitement admise comme le meilleur barrage contre les liberticides.

Mon excellent confrère et ami Carlos Ruiz Villasuso s’en est ému cette semaine dans un édito remarqué, au long duquel il se questionne sur le rôle de la presse taurine actuelle qui semble être devenue une simple courroie de transmission, incapable, le plus souvent, de donner son opinion, voire d’en avoir une.

L’accusation est grave mais notre confrère, directeur de Mundotoro, a l’élégance de s’inclure dans le lot et le courage de poser la question qui fâche : peut-on continuer à pratiquer le métier ainsi, au risque de ne plus oser se regarder dans la glace.

Son mérite est d’autant plus grand qu’en Espagne la barrière qui sépare le monde de la presse de celui de la communication n’existe quasiment pas et que les allers-retours entre les deux mondes sont fréquents. Cette porosité nourricière explique en partie la difficulté que des journalistes, travaillant ou ayant travaillé comme directeur de la communication de toreros ou d’empresas, éprouvent à prendre le recul nécessaire au moment de juger de la prestation de leur client.

Ce qui explique en grande partie le triomphalisme ambiant et la surenchère des gros titres qui ont fleuri ces derniers jours, généreusement offerts par les toreros eux-mêmes : Juli s’est déclaré ravi de sa prestation que l’on a tout de même le droit d’avoir trouvé très éloignée de sa réputation, Morante a avoué qu’il s’était fait passer le toro si prés que cela l’avait excité, et Castella a résumé sa prestation d’hier en avouant qu’elle est le fruit de trois ans de recherche.

À ceux qui ont vu d’en juger.

André Viard