EN ATTENDANT GODOT...




Un peu à l’image de Vladimir et Estragon qui attendaient Godot sans savoir qu’il ne viendrait jamais, Ramon Valencia et Eduardo Canorea ont comparu hier devant la presse pour détailler les cartels d’une feria de Séville où l’on nota surtout les grands absents.

Le problème des empresarios de la Maesranza est qu’ils ont quatre Godot à gérer, et que quoiqu’ils fassent leur absence est un miroir insupportable qui ternit leur communication.

Ils eurent donc beau expliquer dans le détail comment les quatre Godots les ont plantés pour la seconde année consécutive, que leur discours ne passa pas. Et aux absences des quatre frondeurs, vinrent s’ajouter les noms d’autres Godots jugés indispensables par un secteur de l’aficion : Urdiales, Juan Mora, Curro Díaz.

On pourra toujours s’interroger sur cette faculté incroyable que possède l’empresa de Séville pour ouvrir de nouveaux fronts : au lieu de tendre ses antennes pour capter ce que demande l’aficion, elle s’enferme dans des raisonnements étriqués qui la coupent de son public le plus fidèle, comme si elle prenait un malin plaisir à le provoquer.

Ceci dit, à deux ou trois noms prés, on ne peut réellement leur tenir grief des cartels présentés, dans la mesure où on ne peut raisonnablement leur reprocher de ne pas pouvoir inventer des toreros aptes à remplacer avantageusement ceux qui ne veulent pas toréer.

La bonne nouvelle, car il en faut bien une, est que cette année la Feria de Séville sera de nouveau télévisée.

André Viard