HOMMAGE AUX LOZANO



Le 15 mai prochain, jour de San Isidro, les trois frères Lozano recevront l'hommage de la Comunidad madrilène pour les 14 ans passés à la tête de Las Ventas. Le même jour, un azulejo sera dévoilé dans le patio du desolladero des arènes, récompense attribuée à leur corrida du fer d'Alcurrucen, meilleur lot de la dernière San Isidro. Un doublet rare auquel on aurait pu en ajouter un troisième : la famille Lozano apodère aussi Sébastien Castella qui fut l'an passé le triomphateur de San Isidro.

Résumer la vie et la carrière de ces trois mousquetaires du mundillo en quelques mots est bien sûr impossible, et grâce à la confiance qu'ils m'ont manifesté ce sont plus de cent pages qui leur seront consacrées dans un prochain opus de Terres Taurines. Apoderados d'exception, empresarios inventifs en Amérique, promoteurs de la fameuse guerilla Palomo-El Cordobes, deus ex machina du Retour de ce dernier dans les ruedos à l'orée des années quatre-vingt, génies protecteurs de Palomo Linares, Manzanares, Espartaco, César Rincon et bien d'autres, les frères Lozano ont aussi créé une des seules ganaderias d'encaste Nuñez présente dans toutes les grandes arènes.

Le secret de leur réussite, à part leur immense aficion, réside probablement dans la complémentarité de leurs compétences : Pablo, l'aîné, "la muleta de Castille", un des meilleurs veedors de tous les temps et un des meilleurs "coach" de toreros pendant prés d'un demi siècle ; Eduardo, le taiseux, l'homme des chiffres et des bilans ; et José Luis, le cadet, porte parole et stratège. Trois cervaux inter connectés en pemanence et produisant une même pensée dont José Luis, jamais pris au dépourvu, donna la définition parfaite. Au moment où ils accédaient à Las Ventas, à une journaliste qui lui demandait comment lui et ses frères, après avoir mis leurs talents les plus troubles au service de tant de toreros, pouvaient-ils espérer apparaître aux yeux de l'aficion comme les garants de l'éthique, il répondit sans se démonter : "Simplement en étant de bons professionnels". Les meilleurs, pourrait-on dire.

André Viard