DROITS DE L'HOMME




Faute d'objectifs plus crédibles, les associations anti taurines font des coups : et la presse, bonne fille, se laisse à chaque fois prendre au piège. L'argent n'a pas d'odeur, direz-vous. Certes. Mais voir un des principaux quotidiens français cautionner une démarche xénophobe et sectaire en acceptant de s'en faire le relais sur une page entière, est un symptome inquiétant de décadence, tant pour notre société que pour sa presse.

Notre éminent confrère Le Monde a donc accepté la page publicitaire de l'Alliance anticorrida qui, faute d'autres moyens d'action, a choisi le registre farfelu, en demandant au ministère de la Culture que la lutte anti taurine soit inscrite au Patrimoine immatériel français. Lire.

Cette demande aboutira évidemment à la poubelle, et ce pour une raison simple, que Le Monde, s'il n'avait été à ce point cupide, aurait du connaître avant de cautionner cette démarche ridicule et d'en être éclaboussé : la demande des anti taurins d'intégrer le patrimoine immatériel se heurte au seul critère défini par l'UNESCO pour interdire à une pratique d'y entrer, en ce sens qu'elle porte atteinte aux Droits de l'Homme. En l'espèce, celui de perpétuer sa culture et d'assurer sa transmission.

Imaginez une seconde que des mouvemens sectaires aient l'idée de faire inscrire au patrimoine des groupuscules ayant pour objet l'éradication de communautés culturelles autres que celle des aficionados : le Monde accepterait-il d'en faire la promotion ? Telle est la question que ses responsables doivent se poser, après avoir cautionné cette tentative de génocide culturel basée sur le même sentiment xénophobe qui a engendré tant d'atteintes contre les Droits de l'Homme dans nos sociétés, au nom d'idéologies pareillement sectaires.

André Viard