ROUTINE DE PRINTEMPS

Avec les beaux jours, le petit monde des toros reprend ses habitudes : trahisons, déceptions, mensonges, démentis, contre communications, les polémiques fusent et l'on se flingue à tout va.

Le plat de résistance de la semaine, c'est bien sûr à Madrid qu'il a été servi, avec l'annonce officielle des cartels de la Comunidad, de San Isidro et de l'Anniversaire. En vedettes, si l'on peut dire, Mendoza qui n'y figurera pas, mais aussi Ferrera et Barrera, également punis.

Les promesses de l'empresa sont dénoncées à coups d'arguments fleuris par les apoderados des exclus qui sont à leur tour renvoyés dans les cordes par celle-ci. Si Mendoza n'entre pas dans les cartels c'est qu'il a refusé l'offre qui lui était faite, moins bonne que celle acceptée par Ventura, raison de son refus. Si Ferrera et Barrera sont dehors, c'est en raison des exigences du Fundi, qui, soutenu par José Tomas, a obtenu trois corridas... exactement ce que l'on a refusé au Juli.

Rui Bento est furieux, Robert Piles s'indigne et en appelle au souvenir de Manolo Chopera et de José Luis Lozano, tandis que les frères Chopera démentent les propos de leur cousin Manolo "Choperita", tandis que Toño Matilla vient en renfort de l'empresa madrilène et affirme que Ventura était engagé pour trois courses dès le mois de décembre... bien avant qu'il ne mette royalement 1500 personnes à Vistalegre.

Pendant ce temps, convoqués par une vingtaine d'associations animalistes à grand renfort de publicité dans les quotidiens gratuits de la capitale, un petit millier d'anti taurins ont défilé dans les rues de Madrid pour protester contre la déclaration de la fiesta comme Bien d'Intérêt Culturel. Mille, dans une ville de plusieurs millions d'habitants, au terme d'une médiatisation outrancière du débat catalan... Autrement dit, six ou sept fois moins que ce qu'un mauvais cartel amène chaque dimanche à Las Ventas.


André Viard