FERIA À L'ANCIENNE


Dans une interview accordée au Guardian, l'ancien pilote de Formule 1 Eddie Irvine qui n'a jamais abusé de la langue de bois s'en est pris à la FIA qui, selon lui, dénature la Formule 1 et en a appelé à... Hemingway et à la corrida !

En substance, Irvine dit être en accord avec Ernest Hemingway qui affirme « qu'il n'existe que trois véritables sports dans la vie : la corrida, le sport automobile et l'alpinisme. Tous les autres ne sont que des jeux ». Passons sur le caractère inapproprié du terme "sport" en ce qui concerne la corrida, mais écoutons Irvine : « La Formule 1 est en voie de devenir un jeu depuis que l'objectif principal de la FIA est de ralentir les voitures et d'augmenter la sécurité. La F1 n'est plus une sorte de combat de gladiateurs » et il cite un exemple précis. « Prenez Monaco. Auparavant, rouler sur ce circuit urbain représentait le défi ultime pour un pilote. Aujourd'hui, ils ont complètement changé le tracé autour de la piscine en enlevant des rails de sécurité. C'est un peu comme s'ils s'étaient dit : rendons ce circuit aussi simple que possible ».

Faut-il décevoir Irvine en lui apprenant que depuis Hemingway la tauromachie a beaucoup évolué aussi au point que certains pensent qu'on la dénature ? À quoi bon. Conseillons-lui plutôt, si ce sont les combats de gladiateurs qui le passionnent, d'aller à Vic pour Pentecote, il sera servi. Car dans le Gers, loin d'enlever les rails de sécurité et de rendre les choses faciles, on serait plutôt enclin à tout compliquer en déclinant à tous les temps la tauromachie à l'ancienne... pour le plus grand plaisir d'un public de passionné dont on ne sait trop si Hemingway ferait partie aujourd'hui, ou s'il préfèrerait plutôt la version nîmoise, sa piste aux étoiles et ses triomphes programmés.

Deux tauromachies aux extrêmes l'une de l'autre, de quoi combler l'éclectique public français.

André Viard