QUI PERD GAGNE

Dans le bras de fer que se livrent Simon Casas et Sébastien Castella, l'accord de dernière heure que le second a tout intérêt à conclure prend valeur de test décisif pour une grande partie de la saison.

Depuis le début de la saison la tactique de Sébastien Castella est simple : être reconnu dans les bureaux comme l'indiscutable numéro un. Ce qui explique ses exigences artistiques et financières, ainsi que quelques revirements, comme sa sortie du cartel de la Bienfaisance madrilène suite à son refus de toréer les toros de Torrestrella.

Depuis le début de la saison aussi, les empresas rechignent à cèder à ces exigences. Castellon et Valence ont carrément dit non, Arles, première des ferias françaises, a cédé pour ne pas créer un précédent. Mais Nîmes bloque. L'impression donnée par la surenchère à laquelle on assiste (deux corridas puis trois, changements de dates, contre proposition...) est que dans ce poker menteur un des deux joueurs peut perdre gros.

Il s'agit bien sûr du torero qui, s'il était absent de la feria nîmoise, recevrait là un coup de semonce prés de sa ligne de flottaison. Le sachant, Simon Casas a fait hier une dernière offre en prenant soin de faire savoir qu'il a fini par accepter les prétentions financières du torero. Si celle-ci est refusée, la feria se bouclera sans Castella.

La feria y perdrait sûrement, Castella aussi, mais Simon Casas pourrait bien y gagner, tant le sentiment général qui émane du mundillo est que les apoderados de Castella en font trop. Ce que le Juli a parfaitement compris aussi, lequel a sauté sur l'occasion qui lui était offerte par le désistement de Castella pour entrer dans le cartel de la Bienfaisance, prenant le pari de comparaître quatre fois en moins d'un mois dans la première arène au monde. Un geste de figura qui entend le rester.

André Viard