L'AFICION DU LIBERTADOR


Bien avant d'avoir libéré le continent sud-américain du joug de la colonisation espagnol et longtemps encore après l'avoir fait, Simon Bolivar, riche héritier vénézuelien de Caracas, assista aux jeux taurins pour lesquels il montra un penchant certain.

Le 11 mai 1801, lors de son second voyage en Espagne, Simon Bolivar fut témoin à Madrid de la mort de Pepe-Hillo face au toro "Barbudo". Un évènement dans l'Espagne romantique, tant la figure du matador et plus spécialement celle de Pepe-Hillo, incarnait alors l'honneur de tout le pays.

Quelques années plus tard, lors d'un long voyage à travers l'Europe, Simon Bolivar assista à une corrida à... Vérone, en Italie. Corrida dont il conserva un souvenir mitigé : "Contrairement au courage du lidiador espagnol, écrivit-il, l'italien fait du toreo une sorte de chasse, lançant dans l'arène des bull-dogs pour attaquer le toro, ce qui donne à l'ensemble des allures de cirque romain..."

Une distinction non négligeable qui en dit long sur l'aficion du futur héros, lequel participa dit-on aussi à quelques correrias dans les campos andalous. Une aficion qui devait donc être suffisamment connue de ses concitoyens, ce qui explique que pour l'honorer après la libération du Pérou, la ville de Cuzco organisa en son honneur une temporada de trois corridas en juillet 1825.

André Viard