LE DESSOUS DES CARTES


Dans le débat qui agite actuellement les divers syndicats de toreros au sujet de la présence souhaitée d'un novillero dans le cartel du 1er avril à Las Ventas où Joselito et Morante se mesureront en mano a mano, les arguments avancés par les plaignants de sont pas les seuls qui les motivent.

Je ne bénéficie d'aucune confidence particulière, mais en me bornant à examiner les faits j'en déduis une vérité qui n'est pas exactement celle que voudraient vendre les membres du syndicat PROTAUNI (syndicat de toreros piloté par les empresas).

Ceux-ci, en effet, par la voix de leur avocat, un certain Moeckel qui depuis quelques temps est sorti du chapeau comme un lapin agitant ses pattes, exigent des organisateurs du festival l'inclusion d'un novillero en se basant sur l'article 22 de la convention qui régit les règles de la profession.

Première constatation, jamais, alors que le cartel partait pour être constitué de six toreros, cette revendication n'a été mise en avant. Elle est devenue d'actualité à partir du moment où quatre des toreros prévus (Ponce, Curro Vazquez, Manzanares entre autres) ont été quitté du cartel pour des raisons peu claires.

Or, ces toreros appartiennent tous au fameux syndicat PROTAUNI alors que les deux toreros annoncés, Joselito et Morante, appartiennent à la Nueva Agrupacion de Matadores, et c'est la Fondation du premier qui sert de couverture juridique à l'organisation de l'évènement. Tels sont les faits auxquels il convient d'ajouter que durant l'hiver ces deux syndicats se sont opposés à propos du convenio méxicain.

Assiste-t-on ici à un nouvel épisode de la guerre larvée que se livrent dans la coulisse les diverses organisations professionnelles en vue de contrôler le marché ? Rien ne permet de l'affirmer. Mais les confidences de Morante que vous pourrez lire dans l'opus 7 à paraître début avril sont cependant de nature à nous mettre sur cette piste : "Chaque fois que nous voulons faire quelque chose en faveur des plus démunis de la profession, ceux des toreros qui sont apodérés par les empresas s'y opposent..."

Le paradoxe est qu'en l'espèce PROTAUNI revendique pour un novillero le droit de participer à ce festival et que les organisateurs s'y opposent.


André Viard