NOUVELLE DONNE À FENOUILLET


Nouvelle empresa, nouvelle arène et nouveaux associés, le moins que l'on puisse dire est que la feria de Fenouillet repart sur de nouvelles bases pour une édition 2006 dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle s'annonce déterminante pour l'avenir.

À commencer par la nouvelle empresa, SGO (socios, garona, organisation), nouveau nom de RMDC après incorporation de vingt-trois nouveaux associés issus du milieu industriel toulousain autour de Didier Lacroix et de ses associés initiaux, conséquence logique de l'éviction de Tolosa Toros du projet et du déficit cumulé depuis trois ans.

Nouvelle arène ensuite, avec une structure démontable de taille plus modeste que précédemment, pouvant accueillir 6000 spectateurs sur 23 rangs autour d'un ruedo plus rond et de taille plus conventionnelle.

Avec une programmation certes moins ambitieuse que lors des deux premières éditions mais suffisamment éclectique pour susciter l'intérêt, la feria 2006 prend donc le pari de revenir au niveau d'entrées enregistré pour les deux premières années (30.000 spectateurs en 2003, 32.000 en 2004), afin d'enrayer la baisse constatée lors de la troisième (28.000 en 2005), explicable sans doute par les nombreux incidents qui avaient perturbé la précédente, mais aussi par une programmation plus modeste.

Au-delà de ces chiffres, le principal atout de la feria de Fenouillet repose cependant sur les réserves de clientèle dont elle dispose sur le campo de feria dont la fréquentation croissante montre que le public toulousain se rapproche chaque année davantage de ses arènes : 50.000 personnes en 2003, 73.000 en 2004, 94.000 l'an passé. Si les organisateurs des spectacles taurins parviennent à capter 20 % des visiteurs du campo de feria pour les amener aux arènes, leur pari sera largement gagné.

Ce qui est loin d'être facile si l'on se réfère aux chiffres communiqués, lesquels font état d'un rapport de 1 à 4 l'an passé entre ceux qui sont venus aux corridas et eux qui sont juste venus faire la fête. Pour cela, indépendamment de l'effort publicitaire mis sur pied, la recette du succès passe par une politique taurine de qualité sur le long terme, laquelle redonnerait aux aficionados la confiance passablement ébranlée.

Ce qui ne peut passer aussi que par un rapprochement de toutes les tendances de l'aficion toulousaine, très divisée après l'éviction par la municipalité de Tolosa Toros du projet que celle-ci avait mis sur pied. Pour mémoire, le 5 avril, Tolosa Toros réunira ses forces vives lors d'une soirée de prestige au cours de laquelle sera remis à Julien Lescarret le prix au triomphateur de la feria de l'an passé... lequel ne figure pas au cartel cette année.


André Viard