FÉVRIER 2015


Dans la logique de ses efforts précédents en faveur de la culture taurine, le Ministère de la Culture organise les 28 février et 1er mars un Congrès International de Tauromachie à Albacete, dont le but est d’affirmer la dimension culturelle universelle de cette activité.

Avec sa loi du 12 novembre 2013, « pour la régulation de la Tauromachie comme patrimoine culturel », l’Espagne a offert à la tauromachie une protection dont elle n’avait jamais bénéficié auparavant.

En octobre 2014, le même gouvernement a mis en oeuvre l’étude d’une loi de Protection du Patrimoine Culturel Immatériel, conformément à la signature en 2006 par l’Espagne de la Convention de 2003 de l’UNESCO, avec pour but de « protéger l’ensemble des arts du spectacle... qui sont facteurs de diversité culturelle ».

Dans un premier temps, le ministre ne jugea pas utile d’inclure la Tauromachie dans les disciplines ainsi protégées, dans la mesure où elle bénéficiait de la loi précédente, où il est dit en préambule que « la tauromachie est un patrimoine culturel immatériel indiscutable espagnol ». Mais peu après, suite à diverses interventions, dont celle de l’ONCT, le Ministère a reconsidéré son projet et y a inclus la Tauromachie, seule manière pour lui de maintenir ouverte la voie vers l’UNESCO sur laquelle on le sait désireux de s’engager.

Le Congrès d’Albacete s’inscrit dans cet objectif, en permettant de réunir les contributions de tous ceux qui, dans le monde taurin, collaborent à la reconnaissance de la culture taurine face à l’inculture animaliste et aux récupérations électorales dont elle est l’objet. L’ONCT sera représenté par son président et son vice-président en charge du dossier UNESCO, François Zumbielh.

Mais avant, à Castellon dimanche, le peuple du toro des rues et des plazas se réunira pour défendre ses traditions, lors d’un rassemblement dont l’objectif est de montrer l’unité de toutes les aficions.

Ces initiatives vont toutes dans le bon sens, et ce mois de février, au cours duquel on nous annonce aussi que José Tomas reprendra l’épée au Mexique en mai, pourrait voir aussi la signature de la convention UVTF/ONCT grâce à laquelle un vaste plan de défense et de promotion sera lancé.

Un février parfait, si notre ami Patrick, qui suivait de prés la gestation difficile de ce plan indispensable, ne nous avait pas quittés après avoir lutté jusqu’au bout avec la volonté terrible qui l’animait, en sachant que cette fête qu’il aimait tant allait partir sous peu à la reconquête de ses territoires, et que le devoir de transmission auquel lui-même avait contribué au sein de diverses peñas ne serait pas abandonné.
 
Aficionado discret, passionné et généreux, il fit partie, en 1969, de la première « cuadrilla » née en Aquitaine. Nous avions alors 13 ou 14 ans, et pour la première fois de jeunes inconscients du Sud-Ouest se lançaient à la conquête du monde de l’arène. L’histoire de la tauromachie active du Sud-Ouest a débuté à Vieux-Boucau ce 5 août 69, face au bétail landais de André Larrouture.

Hier, à Vieux-Boucau aussi, les nombreux amis de Patrick, venus du monde taurin, du rugby, du ski, du cinéma et de tant d’autres domaines pour lesquels il s’était passionné, se sont joints à tous les boucalais qui avaient tenu à l’accompagner, lui qui, pendant trente ans, oeuvra à leur service à la tête des services techniques du village.

Et aux accents toujours poignants de l’Agur Jaunak, Patrick s’en est allé, nous laissant déchirés entre le bonheur de l’avoir aimé et le chagrin de le perdre.

André Viard