Dimanche 8 février
2015

L'Edito

 

DISCRIMINATION POSITIVE ?

En interpellant les organisateurs sur la situation des différentes professions de la tauromachie française, au risque de se livrer à un amalgame maladroit (voir réaction de Magescq), qui ôte quelque peu de pertinence à sa revendication, le syndicat des matadors français ne résoudra sans doute pas les problèmes qu’il pose, mais provoquera peut-être une prise de conscience constructive chez ceux auxquels il s’adresse.

Voir édito



   

Actualité
VALDEMORILLO VENDREDI : LES NOVILLEROS ÉVITENT LE NAUFRAGE

De cette corrida, la première des deux annoncées de la Feria de San Blas, on aura d’autre ressource que celle de relever quelques détails des trois toreros tant le jeu des toros de La Dehesilla n’apportait rien de satisfaisant pour l’aficionado et encore moins pour l’éleveur José Luis Pereda. En effet Curro Díaz, Eduardo Gallo et Arturo Saldivar se heurtaient à des toros qui pour la plupart se traînaient derrière les muletas qui leur étaient présentées, sans caste, sans jus, avec molesse à la limite de la mansedumbre et affligés d’une faiblesse de pattes après avoir reçu la monopique aujourd’hui standardisée du moins dans les places de 3ème et 2ème catégories.
Curro Díaz accueillait par de jolies véroniques son premier toro, coureur qui cachait en réalité une faiblesse de pattes qui se confirmait lors de la faena de muleta. Une série de la droite,  durant laquelle le torero de Linares se relâchait, la muleta basse, la charge réduite au ralenti, faisait rêver les amateurs de toreo artistique et déclenchait les seuls « Olé » de l’après-midi. Il fallait déchanter car la suite de la faena se déroulait par une succession de passes,  le torero despegado, le toro donnant de la tête dans le leurre. Le 4ème n’avait pas besoin d’une « vuelta de campana » pour accroître sa mauvaise qualité et réticence à charger. Les efforts de changer de terrain ou la distance étaient vains et une estocade d’effet rapide libérait le torero et le public déjà mis au supplice des faenas précédentes.
Eduardo Gallo était « primé » d’un tour de piste de son premier après avoir dessiné, tant à la cape comme à la muleta, des passes à un toro de charge templada, noble mais sans transmission. La faena allait en diminuant d’intérêt et la pétition d’oreille n’était pas suffisante pour décider le président à l’accorder. Au 5ème  le plus fort du lot qui avait reçu la seule pique vraie de « Tito » Sandoval, révélait le plus clairement sa mansedumbre, le torero salmantin allait près des barrières pour pousser dans ses retranchements le toro et peut-être forcer le succès que le public excédé lui refusait.
Au contraire de ses compagnons de cartel, Arturo Saldivar venait de réaliser une courte campagne dans son pays, le Mexique, et avait donc eu la préparation nécessaire pour amorcer sa saison en Espagne. Son principal mérite fut d’avoir gardé la tête froide devant le dernier pereda qui était l’animal le plus sérieux , le plus dangereux en tout cas le plus sournois car à la moindre erreur il aurait sans doute été mis en difficulté. Le placement, le maniement de la muleta toujours gardée à la distance que l’animal ne pouvait accrocher, furent la démonstration d’un trasteo technique et efficace. Ce toro terminait gazapón . Estocade très en arrière. A son premier, le plus léger du lot – 460 kg. ! – Arturo Saldivar produisait une faena trop longue  alors que les difficultés allaient augmentant à un toro qui avait tendance à se retourner vivement ou bien tomber en fin de passe. Estocade  entière contraire.
Bonne actuación de Jesús Robledo « Tito » aux banderilles et “Tito” Sandoval à la pique au 5ème.
Curro Díaz : saluts aux deux. Eduardo Gallo : tour de piste ; silence. Arturo Saldivar: saluts; silence. Georges Marcillac.

VALDEMORILLO VENDREDI : LES NOVILLEROS ÉVITENT LE NAUFRAGE

La novillada d’ouverture de la Feria de Valdemorillo, au contraire de l’an dernier lorsqu’étaient annoncés des toros-novillos de Prieto de la Cal qui avaient d’ailleurs déçus, présentait cette année une novillada mixte (?) d’Albarreal (originne Marqués de Domecq) et de Juan Pedro Domecq. On se demande comment ni l’un ni l’autre des deux ganaderos ne pouvaient offrir un lot complet de novillos en ce début de saison… D’autant plus que leur présentation laissait à désirer et que la balance curieusement était bloquée à 430 kg (les  2ème, 3ème et 5ème) et 440 (1er, 4ème et 6ème) et les hechuras n’étant pas proportionnelles aux poids affichés. Le « mix » n’était même pas équilibré entre les deux élevages puisque ne sortaient des chiqueros que deux exemplaires de JP Domecq, en 3ème et 5ème positions. Inutile de dire que ces novillitos n’étaient pas des foudres de guerre et l’on passera sous silence leur comportement à l’unique pique qui leur fut administrée. Ce préambule peu encourageant était heureusement compensé par l’attitude des novilleros qui chacun selon son style montrèrent des qualités qui devraient être confirmées cette saison face à d’autres animaux plus sérieux.
Borja Jiménez devrait prendre l’alternative prochainement et il montra surtout lors de sa première faena la maturité nécessaire pour affronter du bétail d’un autre calibre. Face au juanpedro sorti 3ème il dessinait une faena variée entamée par un double cambio por la espalda suivi d’une passe de poitrine et poursuivie par des séries de passes des deux mains templées et liées aidé en cela par un novillo dont la charge était vive et répétée. Deux passes en rond inversées (dosantinas), changement de main et passe de poitrine complétaient la faena paraphée d’une estocade fulminante. Une seule oreille était accordée. La faena au 6ème était sans intérêt tellement grande était  la faiblesse du novillo maintenu sur pattes par les soins du sévillan protégé d’ « Espartaco ».
Angel Jiménez, tête de cartel, montrait de belles manières avec un sens du temple prodigué par intermittence seulement car le premier novillo chargeait court et la continuité et lié des passes étaient impossibles. Il prolongeait trop longuement sa faena et tuait d’une estocade basse. Malgré la pétition l’oreille n’était pas accordée. Au 4ème, face à un novillo probón qui doutait passe après passe. E$n dépit de cela, Ángel Jiménez parvenait, en une seule occasion, à dessiner une série complète de la droite de passes enchaînées, le novillo « s’ouvrant » et chargeant long. Après cela les naturelles données avec le «pico » (peut-être était-ce là la solution du problème ?)  obligeaient le novillo à se déplacer sans grande transmission. Mauvaise estocade.
David Martín Escudero coupait l’oreille d’un novillo maigrichon, le 5ème. Dans son style particulier, il toréait à la cape comme à la muleta pieds joints, vertical, terminant ses passes derrière la hanche. A ce novillo il donnait un récital de passes de capes dans un seul quite : tafallera, caleserina, chicuelina et revolera. Il prenait un « bouchon » d’entrée de faena en amorçant (mal) une statuaire. Le novillo montrait une faiblesse occultée par le toreo parcimonieux de Martín Escudero qui signait néanmoins une magnifique série de naturelles liées à la passe de poitrine. Ce fut tout. Une estocade contraire entière. L’oreille était accordée. A son premier, de charge descompuesta, irrégulière, qui donnait des coups de tête dans la muleta, la faena un peu accélérée et bougée était terminée dans un tout autre terrain – novillo fuyant – par des bernardinas pour réchauffer l’atmosphère (il faisait 1ºC dehors…)
Ángel Jiménez : faibles applaudissements ; un avis et silence. David Martín Escudero : un avis et applaudissements ; une oreille. Borja Jiménez : une oreille ; silence.
Georges Marcillac.

COMMUNIQUÉ DES MATADORS FRANÇAIS

"Les premiers cartels de la saison sont connus, (Magesq, Samadet, Aignan, Garlin). Malheureusement,  il existe entre eux un dénominateur commun:  L'absence de toreros Français au cartel. Ce manque de respect ne peut en aucun cas être toléré. Cette posture n'est plus acceptable. C'est pour cela, que soutenu par une majorité d'aficionados, l'ensemble des  professionnels Français s'unit aujourd’hui pour signifier son désaccord unanime.
Apres différentes réunions  avec divers secteurs de notre profession, nous avons décidé de ne plus accepter la marginalisation des professionnels Français.
L'histoire de la tauromachie Française s'est écrite dans l'encre indélébile des efforts de nos prédécesseurs, obtenant un statut qui en aucun cas ne peut être bafoué ni aujourd’hui ni demain, ni jamais. Par ailleurs,l’absence d’engagement de toreros Français pénalise fortement les écoles taurines  qui voient diminuer leurs nombres d’élèves. Cette situation nous préoccupe d’autant plus qu’elle rejoint l’objectif des antis corridas qui est celle d’éloigner la jeunesse favorisant ainsi une crise des vocations.
C’est la raison pour laquelle nous souhaitons :
-Que dans chaque corrida hors féria soit inclut un matador Français et que  pour les corridas en férias comportant  plus de quatre corridas soit inclut au minimum deux matadores de toros Français.
-Que soit inclut dans chaque novillada piquée un novillero Français.
-Que dans les novilladas sans picadors, soit aussi pris en compte le travail accompli par nos écoles taurines et que soient intégrés un ou deux élèves Français.
-Que les bolsins soient  organisés avec le même  nombre de jeunes Français, Espagnols, ou sud-Américain.
-Que les novilladas sans picador soit organisées dans leur majorité avec des ganaderias Françaises.
-Que pour les novilladas avec picadors soit choisie dans la mesure du possible une ganaderia Française.
- Qu’enfin, soit intégré un banderillero et un picador Français  lorsque un torero  du continent sud Américain est engagé.
Comme viennent de le démontrer en ce début de saison  quelques arènes :  Istres, Arles, Saint Martin de Crau, Vic Fezensac, Vergèze,  il  est tout à fait possible de confectionner des ferias avec un pourcentage de toreros et ganaderos Français conséquents. Ces  ferias témoignent du bien fondé de nos revendications et de leur légitimité afin de maintenir la tauromachie Française à son juste niveau
Ce communiqué n'est en aucun cas, pour l'instant, une déclaration d’intentions, il se veut juste informatif espérant de tout cœur que la situation se régularise et que  soient revus les premiers cartels de la temporada dans les arènes en haut citées".
Le communiqué est signé par
-L’Association des matadores de toros Français :
 Sebastien Castella-Juan Bautista-Juan Léal-Thomas Duffau-Léa Vicens-Roman Perez-Thomas Joubert-Mehdi Savalli-Cayetano Ortiz-Thomas Cerqueira-Julieon Lescarret-Marco Serrano-Morenito de Nîmes-Jeremy Banty-Jonathan Veyrunes-Mathieu Guillon-Patrick Oliver-Michelito-Patrick Varin-Denis Loré-Swan Soto-El Lobo).
-Le Syndicat  des Banderilleros Picadores et Mozos de espadas  Français.
-L’Association des Ganaderos Français
-Les Ecoles Taurines:
-La Terna (Nîmes, Arles,Béziers)
-Le CTN (Nimes)
-L’AFAP (association des aficionados practicos et sa section  jeune).

COMMUNIQUÉ DU CLUB TAURIN DE MAGESCQ

Le Club Taurin de Magescq a publié ce communiqué en réaction à celui des professionnels français :
"Nous tenons à réagir aux propos des professionnels taurins français qui prétendent via un communiqué diffusé par l'AMTF: "Les premiers cartels de la saison sont connus (MAGESQ, SAMADET, AIGNAN, GARLIN). Malheureusement, il existe entre eux un dénominateur commun : L'absence de toreros Français au cartel."
En ce qui concerne les spectacles organisés à MAGESCQ par le Club Taurin, Il est important de préciser qu’ADRIEN SALENC présent dans le cartel de la novillada de MAGESCQ du 15 février est un jeune novillero Français, originaire de Nîmes. A moins que les personnes à l'origine de ce communiqué aient décrété que le fait qu'il soit expatrié en Espagne fasse de lui qu'il ne le soit plus: ce qui nous étonnerai beaucoup, car en voyant la liste des Matadors signataires de ce communiqué, beaucoup d'entre eux ont eu un parcours similaire.
A une semaine de notre novillada sans picadors qui ouvre la Temporada Française, venir tenir de tels propos sur notre association nous attriste beaucoup d'autant que nous avons toujours fait en sorte d'avoir un torero français au cartel.
A cela vous pouvez ajouter également la fidélité à l’École Taurine Adour Aficion de Richard Milian lors de nos matinées et la présence constante des banderilleros Français lors de nos novilladas.
Pour preuve en cliquant sur ce lien
https://picasaweb.google.com/107045690126665307525/Affiches
Dans nos cartels depuis 2007 année où nous avons commencé à programmer la novillada sans picador, vous pourrez constater par vous même la présence constante de novilleros français à chacune de nos novilladas. Vous remarquerez en 2008 un cartel 100% français.
Au final pour les professionnels français ce sont 52% des postes pour les novilleros, 87% pour les banderilleros et 22% pour les ganaderos français.
Voici pour les faits".

FERIA DE LA FAÏENCE DE SAMADET

La feria de la Faïence aura lieu les 21 et 22 mars à Samadet avec des novillos de Philippe Cuillé pour un cartel à désigner.

OPUS 52 : LE MODÈLE SYMBOLIQUE

En inscrivant le 22 juin dernier la grotte Chauvet au Patrimoine de l’Humanité, l’UNESCO vient d’offrir à la culture taurine sa datation définitive. Après avoir mis à jour la genèse du geste taurin et sa dimension religieuse dans l’opus 50, grâce aux oeuvres de Villars, Roc de Sers et Lascaux (entre -22 000 et -17 000 ans), c’est aux origines que Chauvet nous invite à remonter : voici 36 000 ans, un artiste anonyme y inventa le mythe du Minotaure et l’associa à celui de la fertilité.
Mais il y a plus troublant encore : si l’on trace une ligne qui relie ces grottes entre elles et qu’on la prolonge jusqu’à celle de Cosquer, on s’aperçoit qu’elle délimite presque exactement au nord la France taurine actuelle, et dessine les contours de ce Sud profond dont aujourd’hui la voix s’élève pour exiger le respect de sa culture et de ses traditions. L'occasion de raconter, comme jamais auparavant, la genèse de la tauromachie en France.
Dans cet opus également, un voyage dans la "bande gallega" au coeur de l'Extremadure, où l'on trouve quelques unes des arènes lesplus anciennes du pays, une visite dans la ganaderia de Manolo Gonzalez dont l'horizon s'obscurcit, une promenade sur le chemin du Rebollar au travers de trois ganaderias atypiques, et un retour sur le destin de ce "Taxi Driver" moderne qu'est Alberto Lamelas. En kiosques et dans les boîtes aux lettres. Feuilleter.


L'AFICION DES TERROIRS

L'opus 51 de Terres Taurines est en kiosques, avec quelque retard suite à des problèmes de transport.
Des garrigues du Midi aux marais de Provence, des collines de Gascogne aux contreforts pyrénéens, la fête taurine se décline au gré de nos accents. L'UNESCO ne dit pas autre chose quand elle fait du lien qui unit une culture à un terroir la condition sine qua non de sa reconnaissance : sans bassin défini dans l'espace, pas d'inscription possible au patrimoine. Née au temps où le langage en était à ses balbutiements et longtemps avant l’écriture, la tauromachie a évolué en se diversifiant au gré des territoires et des populations à partir d’une origine commune.
Cette diversité explique sa richesse, et les mots «Culture et Passion», écrits dans le titre de Terres Taurines, y sont pour rappeler que l’approfondissement de la première est la condition de l’enrichissement de l’autre. Pour le comprendre, il suffit de partir à la découverte. Au sommaire de cet opus :
- "La dictature de l'animal sensible" une étude indispensable sur la personnification de l'animal et l'amendement Glavany,
- "Gerardo Ortega : Souffre couillon ! un voyage émouvant dans une des ganaderias les plus belles de la sierra de Aracena.
- "Siega Verde, le Concile de pierres", visite au gisement à ciel ouvert sur les terres de Ciudad Rodrigo où est proposée la visite de deux ganaderias aux profils différents : Carreros et Pédres.
Rencontre enfin avec Conrado, le dernier des chasseurs-cueilleurs. Feuilleter.


RASSEMBLEMENT DES AFICIONADOS LE 19 AVRIL À ARLES

À l’appel de toutes les composantes du monde taurin français, les aficionados se sont rassemblés samedi 19 avril sur le grand escalier et le parvis des arènes d’Arles, mais aussi dans les rues adjacentes, tant l'affluence fut nombreuse. Estimée entre 6000 et 7000 personnes, la foule des aficionados a montré sa force, sa dignité et sa détermination à se faire respecter. Voir images.


OPUS 50 DE TERRES TAURINES

Il y a plus de 20.000 ans, dans l’abside secrète de l’imposante cathédrale géologique de Villars, un homme de Cro-Magnon peignit la première tauromachie de la préhistoire. Mille ans plus tard, au Roc de Sers, fut gravée la seconde scène d’un triptyque étonnant, dont, 2.000 ans plus tard, la troisième, qui est la plus connue, fut peinte dans le puits de Lascaux. Réalisées à la charnière du Solutréen et du Magdalénien, ces trois œuvres exceptionnelles témoignent, pendant 3000 ans au moins,de l’existence d’un mythe récurrent qui invite à penser que c’est entre Dordogne et Charente que toutes les tauromachies sont nées. Le reportage qui leur est consacré est appeler à faire date : dans la connaissance que nous avons de la mythologie de la Fiesta, il y aura un avant et un après. Dans cet opus aussi, voyage au campo chez Fernando Palha, Aurelio Hernando, El Parralejo et Juan Pedro Domecq. Feuilletez.


TERRES TAURINES SUR TWITTER

Depuis quelques mois Terres Taurines est sur twitter dans sa version espagnole. Rejoignez-le pour recevoir, en français, des infos parfois exclusives et impressions à chaud en direct des ruedos et du campo. @Tierras Taurinas.


GALERIES

Retrouvez toutes les galeries de Terres Taurines. Voir.

TIERRAS TAURINAS


De nombreux lecteurs souhaitant acquérir la version espagnole de la revue, il est possible de la découvrir et de s'abonner sur le site Tierras Taurinas.


CREATION EN LIGNE

Issue des Beaux-Arts de Bordeaux et à l'origine de l'atelier de création indépendant Ultraviolet, Stéphanie Lhéraud (qui a créé l'univers visuel de ww.terrestaurines.com) invite les aficionautes à visiter son travail... et éventuellement à lui en donner. www.uv-creation.fr

 






















imprimez cette page