NO HAY BILLETES DE NÎMOTAURE

En faisant sa présentation en société devant une grosse centaine d'élus et d'aficionados, le collectif Nîmotaure a réussi son entrée en scène et convaincu de la solidité de ses convictions.

Diffusé en préambule, le film « Le grand roman de la tauromachie française » de Jacques Alain Raynaud a rappelé aux aficionados combien l'histoire des trente cinq dernières années avait été écrite en France par les générations de matadors qui s'y sont succédées, lesquelles ont apporté, parfois de manière inconsciente de la part de ceux qui l'assimilaient, un discours totalement novateur qui a rendu caduc celui qui prévalait auparavant. Pour les aficionados les plus jeunes ceci est peut-être difficile à comprendre, mais pas pour les plus anciens.

La discussion qui a suivi a permis a Patrick Varin, Chinito, El Andaluz et Frédéric Pascal de préciser les contours de la «Fondation Nimotaure» qui se veut avant tout une boîte à idée dont l'objectif est de débloquer une situation ankylosée par le manque de structures réellement compétitives et aussi, ou surtout, par le manque d'ambition réelle des jeunes aspirants à qui il semble indispensable d'insufler l'esprit des pionniers.

Chacun conservant en mémoire le triste épisode de ces jeunes élèves du Centre de Tauromachie Nîmois qui s'étaient plaint de ne pas toréer assez et avaient reproché à un de leurs professeurs de favoriser le plus apte d'entre eux, ce qui avait entraîné son départ sans que nul ne songe à remettre les aspirants mutins à leur place, il ne fallut pas de longs discours, surtout après le film montrant les galères des plus anciens, pour que la réalité de la situation apparaisse au grand jour : plus que jamais des moyens sont mis à Nîmes pour aider les vocations, et moins que jamais celles-ci sont à la hauteur de l'aide qu'on leur apporte, comme la dernière finale de Graines de Toreros a permis de le vérifier.

Au regard de ce constat, l'apport dialectique de Nîmotaure ne peut donc qu'être bénéfique : les centre de tauromachie ne doivent pas être des garderies. Aussi sévère cela puisse paraître, et il en a toujours été ainsi, l'aide qu'on y apporte aux jeunes aspirants toreros doit aller vers ceux qui la méritent réellement. Aux autres, dont il ne faut pas brider l'aficion, il faut avoir le courage et la délicatesse de faire comprendre qu'en voulant être toreros ils perdent leur temps. Ce qui n'empêche pas de réfléchir pour eux à une autre formule, telle cette fameuse école d'aficion dont les Aficionados Prácticos, ou Culturaficion, sont le meilleur exemple.

André Viard