LE MAUVAIS OEIL

dalaï lama
Le Dalaï Lama et Shoka Ashara
Quel adolescent n'a pas été émerveillé un jour par le long chemin de T. Lobsang Rampa dans sa quête spirituelle vers la lumière, symbolisée par l’ouverture d’un troisième œil synonyme de clairvoyance, de tolérance et de respect du prochain ?

Malheureusement le 14ème Dalaï Lama a dérogé à cette règle et le fait que Sharon Stone et Richard Gere aient été un temps ses voyageurs de commerce ne fait pas de celui-ci un saint, pas plus que le fait qu'il arpente la planète depuis un demi siècle, tandis que ses fidèles croulent sous le joug chinois. Appelons donc un chat un chat : le statut de victime institutionnelle n'est pas forcément synonyme de bonté universelle et selon les analystes les plus fins, le Dalaï Lama serait, au mieux, une marionnette de la CIA qui l'a aidé à fuir le Tibet et l'a érigé en icône anti communiste, au pire l'allié objectif de ces mêmes chinois. Disons-le tout net : le Dalaï Lama est un vieux grigou qui joue à merveille son rôle de saint portant sa croix.

Pour lui ôter son masque, il suffit de se souvenir que la société tibétaine d'avant l'invasion chinoise était une théocratie féodale dirigée d'une main de fer par des moines intégristes et sectaires à la tête desquels trônait le 14 ème Dalaï ("Océan de Sagesse") Lama, Tensin Gyatso lui-même. Pour les bobos européens et nord américains ceci ne compte pas, et le Tibet de l'après invasion chinoise apparaît comme un paradis spirituel perdu dont les moines détiendraient la sagesse universelle. Tous ? Non. Du moins si l'on en croit les prédictions de quelques uns d'entre eux, un peu trop illuminés sans doute, comme le montrent leurs prévisions sur la fin du monde qui nous attendrait en 2012, laquelle sera heureusement évitée grâce à l'intervention d'extraterrestres. Un scénario à la Raël, suicides de masses en moins.

Comme souvent, les critiques les plus dures faites au Dalaï Lama émanent bien sûr de ses proches. On n'est jamais aussi bien trahi que par les siens. Deux de ses anciens collaborateurs ont ainsi écrit que "le boudhisme tibétain n'est ni philanthropique ni tolérant, et son plus haut représentant, le Dalaï Lama, n'est pas un saint, même s'il est prix Nobel de la Paix", ce que Obama fut aussi quinze jours avant de renforcer la présence de ses troupes en Afgahnistan.

Selon Herbert et Mariana Roettgen, les deux renégats qui sont par ailleurs experts en études culturelles, "le Dalaï Lama, au lieu d'être le véritable champion de la tolérance religieuse et de la co-existence des croyances, est le chef d'un système religieux dont le but est de conquérir le monde". Rien que çà. Est-ce faire preuve de révisionnisme que de véhiculer pareille thèse ? Divers experts considèrent que les faits sont avérés, et dans "L'ombre du Dalaï Lama" écrit à quatre mains, ses deux anciens collaborateurs analysent son Tantra Kalachakra préféré comme "une manipulation consciente des croyants". Ce même Tantra prônerait aussi un "scénario apocalyptique sensé arriver en 2327 (les moines resté au pays ont devancé l'appel pour 2012), lorsqu'une boudhocratie sera établie après avoir écarté les tenants d'autres confessions".

Pour couronner le tout, selon ses collaborateurs critiques, ce même Tantra aurait "inspiré des groupes fascistes aussi bien que le fameux gourou de la secte japonaise de Shoka Ashara, un proche du Dalaï Lama (voir photo), responsable de l'empoisonnement de foules au gaz sarin".

Même les suisses s'en sont rendus compte, ainsi qu'on put le lire dans le quotidien Le Matin à propos d'une interview du romancier français Patrick Hutin : "Le clergé bouddhiste tibétain est l'un des plus rétrograde et archaïque du monde. Mais cela, les Occidentaux benêts et béats, pour qui l'herbe est plus verte chez le voisin, ne le voient pas. Ce clergé s'est greffé sur le peuple et a vécu sur son dos. Sur un certain plan, le dalaï-lama ne fait que reproduire cette donne quasi séculaire. Tant lui que les Chinois ont intérêt à ce que le statu quo persiste".

Deux détails auraient tout de même dû alerter nos consciences trop crédules : pendant sept ans le jeune Tenjin Gyatso eut pour précepteur un Waffen SS qui l’incita à traduire Mein Kampf en tibétain. Et voici quinze ans, désireux de réunir à Londres des personnalités occidentales ayant connu un Tibet indépendant, le Dalaï Lama s’entoura de deux Waffen SS, dont son précepteur et l’ethnologue d’Auschwitz, ainsi qu’un diplomate chilien proche de Pinochet et des communautés nazies du Chili. Que du beau monde !

Ne manquaient au tableau que les illuminés de la gauche radicale et séparatiste catalane. C’est désormais chose faite avec la lettre que le Dalaï Lama vient de leur envoyer à leur demande, dans laquelle sa sainteté plaide en faveur de l'abolition de la corrida en Catalogne. Clientélisme oblige, "l'Océan de Sagesse" signe sur tout ce qui bouge afin d'obtenir en contrepartie la compassion des pays riches, ce qui lui permet de mieux leur faire les poches, tout en leur clignant de l'oeil. Le troisième, et le plus mauvais sans aucun doute.

André Viard