LE PARTIDO POPULAR S'ENGAGE


Dans la perspective des élections générales qui auront lieu dans un mois en Espagne, le Partido Popular vient d'inclure la défense de la culture taurine dans son programme.

Il faut évidemment s'attendre à revoir surgir le vieil argument des antis libertaires selon lequel la corrida est un symbole fasciste, mais ce n'est pas très important. Ce qui l'est en revanche, est que pour la première fois en Espagne, un grand parti de gouvernement pose les termes du débat de façon claire : "
La fiesta de los toros, dans tous ses aspects, sera considérée comme partie intégrante de notre patrimojne culturel... et le PP souhaite démontrer son intérêt pour une activité économique de premier ordre, ainsi que préserver cette partie de l'identité culturelle de notre pays."

Quelques dents vont grincer sans doute du côté de l'actuelle majorité socialiste, laquelle s'est avérée incapable de gérer les nombreuses crises occasionnées par la langue bleue et les menées anti taurines de ses alliés séparatistes catalans qui se sont servis de la corrida pour faire pression sur elle. D'atermoiements en renoncements, le gouvernement Zapatero a fini par laisser s'exprimer de manière honteuse une de ses ministres, laquelle, voyant qu'on lui laissait les coudées franches, a joué à plein la carte de l'abolition pour consolider - pense-t-elle - son image.

Pour ces élections que l'on prévoit assez serrées, un vote "aficionado" n'est pas à exclure, tant le sentiment d'abandon de la part de l'actuel gouvernement est ressenti comme une injure par tous ceux qui estiment qu'en tant que culture transversale partagée par une majorité de citoyens, la tauromachie doit pouvoir bénéficier du même traitement que tous les autres domaines, ce qui ces dernières années fut loin d'être le cas, sauf dans l'Andalousie socialiste qui est depuis longtemps en pointe sur la question.


Sans vouloir faire déboucher le débat au niveau strictu senso politique, on ne peut donc que se réjouir de voir que la tauromachie sera bien un enjeu des prochaines élections, mais cette fois de manière positive. Car à l'opposé des manoeuvres d'appareil qui ont présidé aux tractations honteuses entre le PSOE et l'ERC, c'est au grand jour que les aficionados pourront trancher... à moins que le PSOE, cèdant enfin à la surenchère sur la question, ne sorte à son tour de l'armoire et ne donne enfin à la tauromachie la place qui lui revient. Ce qui serait souhaitable afin que les élections ne se jouent pas sur ce simple point, mais qui paraît peu probable au regard des afinités réelles de son champion. Pour ceux qui l'ignoreraient, le surnom que donnent ses camarades les plus proches au président Zapatero est "Bambi". Cela promet
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André Viard