LE SYLLOGISME PARFAIT


Basant leur argumentation sur leur refus de la souffrance animale, les associations anti taurines vont bientôt se heurter à un syllogisme terrible pour la légitimité de leur combat.

Avant d'en poser les termes que même Aristote ne récuserait pas, quelques éléments essentiels du débat doivent être rappelés :
- Jamais l'Europe, ni la France, ni l'Espagne, ni aucun pays taurins n'interdiront les corridas. Tout au plus - ce qui est un euphémisme - les associations anti taurines parviendront-elles à y faire interdire sous peine de sanction les blessures mortelles ou pas infligées au toro dans l'arène.
- Mais la corrida continuerait alors sous une forme édulcorée, sans pique, ni banderilles, ni mise à mort, et elle trouverait même sans doute dans cette mutation une popularité accrue.
- Que reprocherait-on en effet à un spectacle dans lequel le toro ne subirait aucun dommage et que l'on pourrait alors comparer aux numéros d'animaux de cirque, aux courses de chevaux ou, bien sûr aux courses libres ou landaises ? Rien, sinon pour les aficionados d'avoir perdu son sens profond ainsi que le caractère authentique du combat.

Et c'est précisément l'authenticité de ce combat - blessures incluses - qui confère sa grandeur au jeu de l'arène et l'exonère de toute soupçon de cruauté. De même que dans les sports de combat, la volonté des adversaires de l'emporter suffit à bloquer le mécanisme de propagation de la douleur et tout sportif sait que les effets d'une blessure se font réellement sentir plusieurs heures après l'avoir reçue.

De ce point de vue le toro est particulièrement avantagé puisque son organisme, unique dans la nature, lui permet, au moindre signal douloureux, de secréter dix fois plus de bêta andorphines que toute autre espèce. Ce qui conduit une étude scientifique menée par une équipe de "non aficionados" à conclure qu'exception faite du stress qu'il ressent lors de son entrée dans l'arène avant la première blessure qu'il reçoit, le toro ne souffre pas. Voir article paru dans Libé

Ce qui permet de poser le syllogisme suivant :

- Les blessures infligées au toro durant son combat produisent la libération massive par son organisme des bêta andorphines qui font qu'il ne souffre pas.
- Or, ce sont ces blessures que les associations protectrices des animaux veulent interdire.
- Donc, l'action des associations protectrices des animaux a pour but d'introduire la souffrance animale dans l'arène alors qu'elle n'y est pas.


Nous ne prétendrons pas, comme eux le font à notre encontre, que les anti taurins agissent ainsi par cruauté, mais nous les invitons tout de même à résoudre cette équation difficile s'ils ne veulent pas que leur combat sombre dans le ridicule.

André Viard