DESERT EMPRESARIAL


Alors que de nombreux spectacles ont été annulés hier en Espagne pour cause de mauvais temps, pour la première fois depuis longtemps les aficionados français font disette à une période où il n'y a guère la concurrence faisait rage.

Lors de la construction des arènes couvertes de Saint-Sébastien, la question avait été posée de savoir combien de temps survivraient les spectacles que l'Aquitaine avait l'habitude de voir fleurir dans ses petites arènes face à la concurrence de cette nouvelle voisine. La réponse est désormais connue : mis à part Samadet, tous ont disparu.

Mais malheureusement pour les aficionados, alors qu'Illumbe semblait devoir prendre toute la place, la logique économique a prévalu en imposant à l'empresa une réduction drastique de ses projets : les financiers méxicains du Mundial des Novilleros s'étant lassé, celui-ci a décliné puis disparu, remplacé par un Memorial Manolo Chopera lui aussi désormais réduit à sa plus simple expression, une novillada et une corrida. Le résultat pour l'aficion aquitaine est là : de Samadet à Paques, pas un seul spectacle taurin.

Dans le sud-est la situation n'est guère plus florissante, puisqu'avec la suppression de la "bulle" la feria de Primavera nîmoise a vécu, reportant le début de temporada à Paques où Arles retrouve son rôle de première feria de la temporada.

Au risque de heurter ceux qui prenaient leur bâton de pélerin durant cette période, il n'est pas inutile de dire que cette disparition de spectacles souvent déficitaires n'est pas forcément un mal pour la santé du marché, lequel, à force d'enflure, donnait une image dévalorisée de la tauromachie. Que penser en effet de ces gradins désespérément vides, sinon que le côté artificiel de la plupart de ces montages avait fini par rebuter même les aficionados les plus passionnés ?

André Viard