IL PLEUT SUR SEVILLE


De l'Altozano à la Giralda, Séville attend sa feria et profite des éclaircies pour investir la rue.

Il pleut sur Séville et à ce rythme là les ganaderos n'auront plus d'excuse : contrairement aux années précédentes le printemps s'annonce riche en herbes grasses et l'herbe du printemps, on le sait, fortifie les toros. Ne parlait-on pas autrefois d'un toro de "cinq herbes" plutôt que de quatre ans, voulant montrer par là que pour être réellement adulte le toro brave devait avoir goûté cinq fois à l'herbe de printemps.

Au temps du pienso compuesto et des oligo-éléments, la notion d'herbe printanière est un peu surannée. Mais elle n'en reste pas moins un des leitmotifs favoris des ganaderos l'hiver durant. ah, s'il pleuvait !

Et bien il pleut ! Le campo de Séville et Jérez ressemble aux prairies de Chalosse : de la boue partout ! Mais il en faudrait plus pour décourager les taurinos qui profitent de la moindre éclaircie pour sortir discuter. De la feria, bien sûr, dont le Cid et Morante sont l'axe principal, mais aussi des cartels périphériques montés dans quelques arènes andalouses : Moron, Espartinas et Olivenza bien sûr... modestes baromètres mais baromètres tout de même de ce qui nous attend cette saison.

André Viard