TRANSMISSION UNIVERSELLE

Les deux journées de présence du Musée Itinérant des Tauromachies Universelles organisées au Carré d’Art de Nîmes, se soldent par un résultat extrêmement positif : 500 aficionados et 300 scolaires ont assisté aux projection du documentaire, tandis que des milliers de visiteurs ont parcouru l’expo dont la présence a été prolongée d’une dizaine de jours afin de permettre à tous ceux qui le souhaitent d’en profiter.

Inaugurée par une projection réservée à la presse, en présence de Jean-Paul Fournier, sénateur maire de Nîmes, et Franck Proust, député européen de la région sud, l’opération, organisée de main de maître par Frédéric Pastor, adjoint à la Tauromachie, et Daniel-Jean Valade, adjoint à la culture, a permis de vérifier le potentiel de transmission dont est porteur le Musée des Tauromachies Universelles. (Voir reportage Elsa Vielzeuf).

Une anecdote résume le sentiment général. La grand-mère d’un élève d’Hervé Galtier qui avait accompagné son petit-fils voir le documentaire, a déclaré en sortant qu’elle n’avait jamais vu de corrida mais qu’elle allait y remédier dés la prochaine feria de Pentecôtes. Et comme elle, il y en aura bien d’autres, à condition que nous sachions aller à la rencontre de tous ceux qui ne connaissent notre culture qu’au travers du prisme déformant qu’en donnent certains médias.

Parmi toutes les questions posées par les enfants – chaque fois que l’on proposait le micro des dizaines de mains se tendaient – l’une d’elle a particulièrement retenu mon attention, en raison de sa pertinence qui démontrait à quel point celui qui la posait – il devait avoir 9 ou 10 ans – en avait lui-même fait preuve : « C’est quoi le taureau du Ciel ? ». Ce gamin avait écouté religieusement l’histoire de Gilgamesh, puis celle de Melkart et enfin celle de Smertrios, qui, tous trois, avaient tué le toro divin. Ce qui donna l’occasion de lui expliquer que, dés les civilisation les plus anciennes, on avait identifié les différentes constellations que nous connaissons aujourd’hui, que l’une d’elles était celle du Taureau, et que face à celui-ci on trouvait le grand chasseur Orion épée en main. Et de temps en temps, les légendes racontaient que le taureau divin descendait sur terre ou un héros le combattait.

Une autre anecdote mérite également d’être rapportée : en sortant de la projection, plusieurs toreros m’ont avoué, émus, qu’après avoir remonté le temps jusqu'à Villars, ils étaient fiers d’être toreros et se sentaient porteurs d’un patrimoine qu’ils n’imaginaient pas mais se voulaient dignes.

Quant aux aficionados, la question qui est revenue le plus souvent fut celle de savoir où et quand ils pourraient se procurer le documentaire pour le montrer autour d’eux. Dans pas longtemps, quand la version espagnole sera terminée, voire l’anglaise, ce qui ne saurait tarder. Le grand travail de diffusion pourra alors commencer à tous les niveaux, des chaînes de télévisions aux bodegas, en passant par les soirées tapas que chacun pourra organiser chez lui pour ses voisins.

Ce travail, réalisé à l’échelle de tous les pays taurins, mais aussi en direction du monde anglo saxon, ne fait que commencer, mais on entrevoit déjà les perspectives qu'il offre au monde taurin pour restaurer son image et se faire apprécier.

André Viard