PREMIERE CHARETTE


Les cartels non officiels dont on parle pour Castellon confirment les analyses de l'hiver : face à l'inflation des honoraires des figuras, les empresas doivent choisir.

Et la problématique est simple : qui laisser dehors au nom de la sacro sainte règle de la rentabilisation optima ? Le choix entre les incompatibles faute de mettre en péril l'équilibre budgétaire des cartels se limite à cinq : José Tomas, Morante, Ponce, Juli et Castella.

Loin de se déterminer en fonction de leurs propres goûts, les empresas le font conformément à une péréquation beaucoup plus subtile : qui rapporte le plus en pénalisant le moins ? Autrement dit, qui "habille" le mieux un abono et permet de le vendre en dépit des absences et du coût qu'il faut payer.

Chaque arène possède son idiosyncrasie et la chimie particulière qui peut exister entre un public et un torero est un élément supplémentaire que l'empresa doit prendre en compte. À Castellon donc, Ponce n'est pas indispensable depuis une malencontreuse corrida de Victoriano del Rio qui avait fait scandale et Morante est en procès avec Enrique Paton. Ce qui explique leur absence sans même qu'il y ait eu négociation. Avec Sébastien Castella, troisième grand absent du cycle, celles-ci ont été de courte durée, l'empresa ayant proposé au torero les honoraires qu'il avait déjà refusé l'an dernier.

L'option José Tomas (que l'on y annonce à plus de trente deux millions de pesetas) est bien sûr l'atout majeur de la programmation, dans la mesure où l'empresa estime que sa présence renforcera l'abonnement et lui permettra donc de faire des bénéfices... les jours où il ne torée pas. Le Juli est l'autre pointure de l'abono et comme à Nîmes il mise sur Perera pour bâtir un cartel attractif autour de son nom.


André Viard