DE BELLA CIAO À SECOND LIFE



Qu'on l'admette ou pas, le débat citoyen n'est désormais plus le fait d'espaces conventionnels qui permettent d'en limiter les effets en lui imposant un cadre. Les idées volent aujourd'hui d'un bout à l'autre de la toile, et rien ne peut plus les entraver.

Il suffit pour s'en convaincre de vérifier qu'une partie non négligeable de l'élection présidentielle se gagnera en ligne, la victoire de l'un ou l'autre des candidats devant se faire à la marge, c'est à dire, une fois les deux blocs constitués, en recevant le renfort des électrons libres susceptibles de faire basculer la majorité.

Ces électrons, c'est sur la toile qu'ils évoluent évidemment, et la prolifération de sites ouverts aux débats citoyens ainsi que la présence des principaux candidats au travers d'espace de communication interactive prouve bien que le message a été compris.

Un pas a été franchi avec l'ouverture d'une web TV qui suit Nicolas Sarkozy pas à pas (laquelle est produite par un grand aficionado) et un autre plus novateur encore avec l'installation d'une permanence de Ségolène Royal dans le monde virtuel de Second Life où son avatar, c'est promis, viendra bientôt serrer des mains et inviter au dialogue.

Il ne serait donc pas inutile que les aficionautes aillent y surfer aussi, dans la mesure où si le dialogue s'engage sur l'avenir de la corrida un nouveau front s'ouvrira sur lequel il importe d'être présent. De nombreuses interventions contre la tauromachie sont publiées règulièrement sur les forums citoyens (cette semaine encore sur le collectif d'extrême gauche Bella Ciao), et il est rare que l'on y réponde, tout simplement parce que nous ne sommes pas au courant.

L'appel est donc lancé aux aficionautes qui auraient le temps de partir en patrouille : il faut recenser les attaques et y répondre massivement. Et créer aussi, au besoin, quelques avatars aficionados sur Second Life, voire un personnage de torero, avant d'y construire bien vite une arène. Dans ce monde aseptisé où chacun donne libre cours à ses fantasmes, le sang virtuel du toro soulèvera peut-être moins de critiques, et l'art du torero sera sans doute plus apparant.


André Viard