QUESTION D'IMAGE



Dans la société qui est la notre, la forme prime le plus souvent sur le fond. Désolant bien sûr, cet état de fait comporte tout de même quelques avantages, puisqu'il suffirait peut-être, pour inverser une tendance tenace, de quelques toreros jeunes, beaux et médiatisés, pour amener aux arènes une jeunesse qui s'en fiche.

Cayetano sera probablement un de ceux-là, lui que Giogio Armani va probablement choisir comme représentant de sa firme au niveau mondial, imposant ainsi par effet induit l'image du torero comme archétype de la jeunesse branchée qui fait le triomphe de sa marque.

Ce qui ne sera pas superflu lorsque l'on sait que pour une immense majorité de jeunes espagnols, la tauromachie est un domaine totalement étranger à leurs préoccupations. La faute à qui ? Aux médias sans doute qui ne passionnent guère ce type de lectorat, mais au monde taurin aussi dans son ensemble qui ne lui facilite pas l'accès aux arènes et ne fait rien ou presque pour se mettre à portée de son pouvoir d'achat.

Cette évidence développée vendredi soir lors d'un "Rincon de Pablo Romero" dans un local plein jusqu'au toit, a recueilli d'adhésion de tous les participants pour qui une des priorités est d'assurer le renouvellement des générations. Ceux qui ont assisté un jour ou l'autre à une réunion de club taurin me comprendront, et pour les curieux, il suffit de faire la moyenne d'âge de la prochaine où ils se rendront.

L'idée d'utiliser comme vecteurs de communication les jeunes toreros à la mode n'est donc pas totalement stupide, même si là n'est pas la préoccupation première de Giorgio Armani avec Cayetano. Imaginons donc, pourquoi pas, que désireux de rendre à la tauromachie ce qu'elle leur offre, des toreros comme Castella, Talavante, Manzanares et quelques autres, acceptent de s'en faire les héraults, oubliant momentanément leurs intérêts personnels pour offrir un peu de leur temps et de leur image pour revaloriser une cause sans laquelle ils ne seraient rien
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André Viard