LA MAGIE DU TOREO



Même s'il ne s'agit que d'instants sans lendemains, il est toujours réconfortant de constater que la magie du toreo opère pour peu qu'un torero soit capable de transmettre au public la force de ses sentiments.

Hier, dans une Monumental mexicaine sinistrée depuis de longues semaines, on a enregistré la meilleure entrée de la saison et José Tomas lui-même s'est déplacé pour venir voir le Pana toréer. Mieux que Juli, mieux que Morante, mieux que Manzanares, Rincon et Zotoluco - numéro un dans son pays - le Pana a réussi à ramener aux arènes un public qui n'y venait plus. Pourquoi ? Parce qu'avec lui la grande question demeure, contrairement à de nombreux toreros stéréotypés, de savoir ce qu'il se passera.

Et ce qui s'est passé, peu nombreux sont ceux qui auraient pu le prédire, tant la magie du Pana a inondé la Monumental, ravivant le souvenir des plus anciens aficionados et offrant aux plus jeunes l'image du toreo d'une autre dimension.

Une vuelta après le paseo, une autre après la mort de son premier adversaire, une autre après le tercio de banderilles face à son second et quatre à la mort de celui-ci dont il a coupé deux oreilles.

Déjà une question se pose : et si le Pana ne se retirait pas ?


André Viard