LE BOUT DU TUNNEL POUR PARTIDO DE RESINA ?

Une hirondelle ne suffit certes pas à faire le printemps, et un seul toro, fût-il excellent, ne peut à lui seul rendre optimiste au sujet d'une ganaderia qui traverse un des plus mauvais moments de son histoire. Pourtant, pour les amoureux de cet encaste unique qu'est celui de Pablo Romero, le prix qui a couronné hier un de ses exemplaires lors de la corrida concours d'Almeria annonce peut-être la fin de quelques années noires.

2005 restera dans les annales de la ganaderia comme celle du cataclysme : à Madrid d'abord, puis à Burgos, les douze exemplaires lidiés firent preuve d'un tel manque de race et d'une telle faiblesse que la corrida prévue pour la feria de Bilbao fut purement et simplement déprogrammée devant l'ampleur du désastre.

Et pourtant, quelle corrida ! Six exemplaires somptueux de type, terriblement armés et harmonieusement faits, mais dont la puissante musculature cachait certainement aussi les tares relevées chez leurs frères... Des tares physiques et "morales" qui conduisirent de nombreux observateurs à conclure à la fin d'un encaste, lequel n'existe encore, il convient de la rappeler, que grâce à la passion et à la fortune de ses nouveaux propriétaires dont le moins que l'on puisse dire est que leur investissement est loin d'avoir été compensé par quelques succès.

Car si l'on veut retrouver la trace d'une corrida de Partido de Resina triomphale, c'est en 1999 qu'il faut remonter, à Arles précisément, quand Juan José Padilla électrisa l'amphithéâtre sous le déluge et que ce jour-là sortirent en piste trois toros de gros calibre.

Depuis, quelques toros sueltos ici ou là, jusqu'au désert de l'an passé, quand le seul toro de grande classe - et de forces suffisantes - fut toréé en privé par Morenito de Aranda, puis gracié par José Luis Algora, vétérinaire chargé de la ganaderia, pour servir de reproducteur.

Comment sortir de ce mauvais pas ? Comment rendre au toro de Partido de Resina la classe et la robustesse des Pablo Romero d'antan ? José Luis Algora, c'est son métier, cherche depuis longtemps à éliminer une à une les tares accumulées dans la ganaderia : manque de tête, de forces, de caste, de noblesse, de bravoure foncière... Un labeur ingrat et de longue haleine que prix revenu hier au toro présenté à Almeria récompense déjà, allumant une petite lueur d'espoir dans un avenir qui jusqu'ici paraissait bien sombre. Ojala !

André Viard